jeudi 23 septembre 2010

Paradoxe de notre système économique

L'un des paradoxes de notre système économique est que l'existence des voleurs génère toute une industrie des portes blindées, des télésurveillances, des serrures de sécurité. Leur conversion à l'honnêteté ruinerait cette activité qui emploie des dizaines, sinon des centaines de milliers de personnes. La disparition du brigandage entraînerait un accroissement catastrophique du chômage et diminuerai le produit national brut. C'est la façon même de définir la valeur des biens produits par l'activité humaine qui doit être remise en question.

Albert Jacquard, La légende de demain.

Nous sommes tous nés prématurément


Albert Jacquard, généticien

Dès avant la naissance, tous les neurones sont présents; leur nombre est tel (quatre-vingt fois plus que chez un primate normal) qu'au terme de neuf mois, le foetus ne peut plus attendre et sort du ventre maternel. À ce stade, il est loin d'avoir achevé de construire son cerveau, mais le volume de son cerveau serait incompatible avec la largeur du bassin maternel s'il avait sa taille définitive. Pour permettre l'expulsion du foetus, il est donc nécessaire que la naissance ait lieu alors que les neurones sont encore à l'état d'ébauche et que le système nerveux ne soit pas encore fonctionnel. Nous naissons tous prématurément. À chaque seconde, le bébé endormi sur le sein de sa mère met en place plusieurs dizaines de millions de synapses. Il lui faudra néanmoins attendre plusieurs mois avant d'atteindre un début d'autonomie. L'absence d'autonomie d'un petit d'homme lorsqu'il vient au monde est par conséquent dramatique. Sa survie n'est pas assurée. Toute la survie globale de l'espèce a été rendue problématique par cette "malfaçon" qu'est l'hypertrophie cérébrale.

Empêcher les jeunes enfants de mourir a été une obsession. L'hécatombe provoquée par la nature a été terrifiante: dans de nombreuses civilisations, la tradition était de ne pas nommer un enfant dès sa naissance; il n'était considéré appartenant à la communauté et ne recevait un nom qu'après avoir atteint un âge où le risque de disparition était moins élevé. De sorte que toutes les civilisations ont magnifié la fertilité.

L'explosion démographique actuelle est le fruit de la plus belle de nos victoires: le recul de la mortalité infantile; grâce aux progrès de la médecine, à l'hygiène de vie, l'invention de la vaccination, les découvertes de Louis Pasteur et la découverte des antibiotiques. Et voilà que la densité humaine est devenue telle que les frictions entre ethnies se sont exacerbées et ont abouti à un atroce génocide.

Un nouveau devoir apparaît: gérer l'effectif de l'humanité. Des enfants jouent. Ils apportent l'espoir donc la révolte....

Une attitude qui implique de ne donner naissance qu'à un nombre limité d'enfants. L'expérience prouve que l'éducation, quel qu'en soit le contenu, entraîne une diminution de la fécondité. Il faut donc aider les nations à généraliser l'accès à l'école, notamment pour les filles. Les pays pauvres ne peuvent que difficilement y parvenir, or, ce sont eux qui alimentent la croissance. La solution paraît évidente, faire supporter par les nations riches la charge du système éducatif par des nations pauvres.

Je lis La légende de demain de Albert Jacquard. C'est extrêmement intéressant!

J'ai eu quatre enfants, ma fille Anne en a eu quatre aussi, cette ère est terminée.

mercredi 22 septembre 2010

Incendies,le film




J'ai été envoûtée par ce film. Je me suis réveillée cette nuit et les images continuaient à m'habiter et s'entrechoquer sous mes paupières fermées. Des images grandioses, atroces, émouvantes et poignantes. Je suis allée voir ma mère aujourd'hui eh bien! je lui ai raconté cette fascinante et terrible histoire.

L'actrice Lubna Azabel qui joue le rôle de Nawal est admirable. Je vibre à la souffrance des femmes sur cette terre, c'est sûr que j'ai pleuré. Les derniers mots du générique c'est pour dédier le film aux grand-mères. Et une des premières scènes du film nous montre la colère de la grand-mère de Nawal, une magnifique colère puis l'extraordinaire mansuétude, la beauté pure de l'amour quand elle prend sa petite-fille dans ses bras et lui fait promettre de partir, d'abandonner son enfant, d'étudier, d'apprendre à lire et à penser, apprendre à être libre. C'est une scène d'une détresse sublime.

L'enfant né de l'amour est aimé et pardonné malgré l'impensable. L'intensité du pardon est tel qu'il est porteur de guérison pour ce fils et il ne peut que nous rendre meilleurs parce que ce pardon s'insinue dans nos entrailles et nous révèle le côté mitigé des nôtres.

C'est un film puissant. Le long générique de la fin est important pour nous permettre un peu d'apaisement, l'émotion étant vive. Merci Denis Villeneuve, pour ce si beau film. Aux Oscars, Incendies représentera le Canada dans la course aux nominations, dans la catégorie Meilleur film étranger. Bon vent!

Les vitraux de Notre-Dame



La cathédrale Notre-Dame de Paris, célèbre pour son extraordinaire façade gothique avec une rosace de dentelle de treize mètre de diamètre conserve encore une part de mystère. Elle a été érigée durant deux siècles, entre 1160 et 1345, sans que nous sachions aujourd'hui véritablement ni par qui, ni comment. 

Les vitraux de Notre-Dame sont un des exemples les plus spectaculaires de la richesse esthétique et symbolique de ces percées de lumière. La lumière de Dieu éclairait le choeur de la cathédrale de même l'âme de ceux qui s'y rendaient. (B.A.Histoire)

Sublimes bijoux de verre!  


mardi 21 septembre 2010

Notre-Dame de Paris et l'Histoire


Le roi saint Louis imaginé par le peintre El Greco

Le 18 août 1239, le petit-fils du roi excommunié Philippe Auguste, allait pieds nus dans les rues boueuses de Paris, vêtu d'une simple tunique, devant le bon peuple venu en masse profiter du spectacle peu banal des évêques et des seigneurs, eux aussi déchaussés, autour du saint roi. Le roi Louis IX venait solennellement apporter à Notre-Dame, la Couronne d'épines de Jésus-Christ avant de la déposer à la Sainte-Chapelle, écrin de vitraux fabuleux, construite pour recevoir la sainte relique. Puis, le roi s'embarqua pour la croisade en 1248. Et une deuxième fois, en 1270. Chaque fois, avant de partir, ce fut un long pèlerinage, pieds nus, depuis son palais jusqu'à Notre-Dame. Le roi ne revint pas vivant de cette croisade, il est mort de la peste aux portes de Tunis. Parmi les rois, il est celui qui s'efforça le plus de rendre la cathédrale à Dieu, en chassant les marchands du temple.

Ses successeurs allaient laisser d'autres souvenirs à Notre-Dame: Philippe IV Le Bel y organisa les premiers états généraux de France, tandis qu'il déclarait le parvis zone de libre commerce. C'est sur ce même parvis que le 13 mars 1314, Jacques de Molay, grand-maître de l'Ordre des Templiers, aurait hurlé à la foule son innocence et prononcé ces mots terribles selon une légende rendue célèbre par Maurice Druon dans son livre Les rois maudits: "Pape Clément! Roi Philippe! Avant un an, je vous cite à paraître au Tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment. Maudits! Maudits! Maudits! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races!" Jacques Molay périt dans les flammes ce qui marqua la fin définitive de l'Ordre des Templiers.


lundi 20 septembre 2010

Notre-Dame de Paris et l'Histoire

La rose de la Vierge

Anne-Emmanuelle a été impressionnée par la beauté de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Et moi, pendant qu'elle se baladait avec son amoureux dans les rues de Paris, je lisais : Notre-Dame de Paris, esprit des lieux. Le chapitre sur l'Histoire est fameux.

Au moment où Maurice de Sully élevait sa cathédrale, le roi Philippe Auguste faisait surmonter chacune des portes de la nouvelle enceinte de Paris, d'une statue de la Vierge. Ce même roi allait plonger Paris et la France en un grand deuil : une nuit de janvier 1200, à minuit juste, les Parisiens furent réveillés par un son lugubre. Ce n'était pas le tintement habituel des matines, mais une sonnerie lente, oppressée. Un malheur était arrivé : le pape Innocent III venait de prononcer contre le roi une sentence d'excommunication pour avoir répudié son épouse et s'être mis en ménage avec une concubine qu'il aimait profondément.

L'évêque, les chanoines, les prêtres se rendirent silencieusement dans le choeur. Là, après avoir imploré la miséricorde de Dieu , ils tendirent un voile noir sur le crucifix et emportèrent les reliques. Comble du désespoir, l'évêque brûla les hosties consacrées du tabernacle, annonçant aux fidèles la grande misère morale qui s'abattait sur le royaume de France. Les portes de Notre-Dame et toutes celles des églises de France resteraient closes durant toute la durée de l'excommunication. On n'entendrait plus le moindre son de cloche, les fidèles n'auraient plus accès aux sacrements sauf le baptême et l'extrême-onction, jusqu'à ce que le royal pécheur change de conduite. Brusquement les cierges s'éteignirent, et le peuple de Paris gémissant d'angoisse, dut abandonner sa cathédrale. Elle n'allait ouvrir ses portes que huit mois plus tard. Huit mois de silence pesant, de famine spirituelle et de rancoeur du peuple chrétien envers son roi. Les mourants partaient sans absolution, les jeunes gens s'unissaient sans mariage, les fidèles ne pouvaient communier.

Huit mois au terme desquels, Philippe-Auguste s'inclina devant le pape et répudia Agnès, sa compagne et la mère de ses enfants. Magnanime, le pape légitima les enfants du roi. Notre-Dame pouvait rouvrir ses portes et ses nombreuses cloches : La Jacqueline, La Marie, La Guillaume, La Thibault, La Pasquier, La Gabrielle et la Gilberte, pouvaient annoncer à nouveau solennités et réjouissances.

Qu'une cloche de Notre-Dame de Paris s'appelle La Thibault, c'est "une fleur" pour moi, un vrai plaisir!

Mais Dieu ! que l'Église était cruelle envers sa chrétienté croyante!

Anne-Emmanuelle et les musées




Je crois que c'était une activité proposée par le Cegep. Anne-Emmanuelle m'a demandé de l'accompagner. Le Musée des Beaux-Arts exposait l'oeuvre de Miro. C'était une exposition fabuleuse, festive, magique comme des dessins d'enfants. Le genre d'exposition pouvant plaire à une adolescente.

Elle a été estomaquée devant la file d'attente! Elle s'en étonnait vraiment. Je la soupçonnais d'avoir pensé qu'il n'y avait que sa mère ou presque qui aimait aller musarder dans les musées.

Une fois entrées, ce fut la catastrophe. Alors que moi, je lisais tous les textes aux murs racontant des détails de l'oeuvre, que je prenais le temps d'accueillir l'oeuvre et de m'en délecter, elle circulait devant les tableaux sans s'arrêter, se promenant d'une salle à l'autre.

Puis j'entendis mon nom au loin; elle était revenue au point de départ: "Mom, achèves-tu? moi, j'ai fini!" J'ai vu rouge et je me suis dirigée vers elle, sans voir le gros cordon tressé qui facilitait les déplacements. J'ai culbuté et ce faisant, j'ai fait tomber tous les poteaux dorés maintenant les cordes. Elle s'est avancée mais elle n'était d'aucune aide, tellement elle riait. J'ai dit: "Ma fille, jamais plus je n'irai dans un musée avec toi!"

Ce qu'elle a aimé le plus dans cette première expérience, ce fut l'incroyable fille d'attente et la chute de sa mère entourée des oeuvres de Miro !!!

Et voilà que vingt-deux  ans plus tard, à Paris, elle visite le musée du Louvre et éblouie, elle a aimé! Ça prenait le Louvre !!!

Je verrais bien ses beaux yeux exposés au Louvre !!! Enfant, on disait d'elle, qu'elle avait des yeux d'aquarium!