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lundi 11 septembre 2017

Cheminement vers l'abîme, Hiroshima et Nagasaki



Le 6 août 1945, une bombe nucléaire appelée Little Boy est larguée sur le Japon
 et détruit Hiroshima en quelques secondes

Le projet Manhattan, visant à équiper les États-Unis de la bombe nucléaire, est né de la crainte  de voir l'Allemagne nazie se doter elle-même de cette arme redoutable. En 1942, plusieurs physiciens conscients du danger, dont Albert Einstein, ont  alerté le président Roosevelt. Les moyens nécessaires ont été rassemblés et le succès a été obtenu par une première explosion expérimentale dans le désert du Nouveau-Mexique, en juillet 1945. L'Allemagne avait capitulé quelques semaines plutôt.

Les deux bombes ont été utilisées pour mettre fin à la guerre contre le Japon les 6 et 9 août 1945. Initiative d'un nouveau président, Truman.

Dans un rayon de 3 kilomètres tout fut désintégré. Après l'explosion, le champignon aspirant poussières et débris entame son ascension et atteint 15 000 mètres de haut. 70 000 personnes meurent en quelques secondes, 140 000  meurent dans les jours suivants. La ville est rayée de la carte. Le champignon est chargé de poussière hautement radioactive qui retombe en pluie sur les survivants.(Wikipedia)

L'événement a clairement démontré que cette arme donnait un pouvoir décisif sur n'importe quel adversaire qui en est dépourvu.  L'Union soviétique fait exploser sa bombe en 1949. Se voyant ainsi rattrapés, les États-Unis ont obtenu une nouvelle avancée  dans leur capacité de destruction grâce à la bombe à hydrogène expérimentée en 1952. Les Soviétiques obtiennent le même succès en 1953. L'escalade se continuant, le stock de têtes nucléaires aboutit à plus de 15 000 mégatonnes soit l'équivalent de trois tonnes de TNT pour chacun des habitants de la planète.

Bien sûr le danger était si évident que des pourparlers ont eu lieu, dès 1958, afin de ralentir ou inverser cette course à l'abîme. En 1983, près de 40 ans après Hiroshima, un colloque a réuni à Washington des scientifiques américains et soviétiques  et la description des conséquences ne permettait pas d'imaginer que l'humanité  subsisterait.

Les possibilités actuelles de destruction sont sans précédent. Nous sommes acculés à inventer un avenir. Nous n'avons plus d'ailleurs sur notre planète. Certains imaginent une immigration sur une autre planète. Il est plus sage et moins utopique, de chercher à mieux organiser notre façon de vivre ensemble.

Je lis Tentatives de lucidité de Albert Jacquard

En cette année 2017, la Corée du Nord, à son tour, expérimente le nucléaire  dans ses déserts,  faisant fi de toutes les conventions signées. Je n'aime pas ça du tout... y a pas plus grande terreur!

lundi 17 septembre 2012

Le secret d' Albert Jacquard


Albert Jacquard, scientifique et généticien, devint le célèbre Albert Jacquard par le militantisme.


Je lis: Dans ma jeunesse d'Albert Jacquard. Un homme exceptionnel d'une simplicité tout aussi exceptionnelle raconte un épisode tragique de sa vie, et voilà qu'il  nous touche en plein coeur...


" Mon enfance se termina à neuf ans. Un accident occultera  tout mon passé. Dans mon souvenir il n'y a pas d'avant l'accident.

Il fait très froid, pluie et verglas. Mon père qui conduit, ne peut dégager à temps la voiture de la voie du tramway; le tram arrive à cet instant, c'est le choc frontal. Mon plus jeune frère, cinq ans, est tué sur le coup. Mes deux grands-parents paternels mourront le lendemain; mon père est moins gravement blessé, le volant l'a protégé. Quant à moi, je suis entre les mains des chirurgiens qui réparent mon visage enfoncé; ils redressent mon nez, les pommettes, ils font ce qu'ils peuvent. Je suis dans la même chambre où ma grand-mère est en train de mourir et j'ai terriblement soif mais personne ne s'occupe de moi. Je me sens abandonné.

Un choc de fin du monde. L'image entraperçue à l'instant charnière est indélébile, elle se plaque définitivement sur tout ce que je tente de montrer de moi-même et s'interpose entre le réel et le visible. La cicatrice demeure, malgré les tentatives de réparation, elle reste et restera définitivement la trace d'un ravaudage maladroit.

Le petit garçon est devenu le vieil homme que je suis. J'ai été préoccupé par le duel incessant, constamment réactivé qui oppose mon apparence à la réalité qui demeure inaccessible. Car je ne peux m'avancer que masqué. Semblable au mystérieux personnage obligé, par ordre du roi, de camoufler son identité en portant un masque que la légende dit "de fer", j'ai perdu la liberté de dévoiler aux autres et à moi-même comment est alimenté le foyer de mon être. J'ai longtemps cru que le recours à un masque, imposé par l'accident lui-même, était une particularité de mon aventure personnelle.

Après l'accident, je ne me reconnaissais plus dans la glace. Tous les miroirs étaient devenus mes ennemis intimes, et c'est toujours vrai. Je ne me suis jamais réconcilié avec mon visage. Celui que les autres voient n'est pas moi. J'ai toujours ce sentiment qu'un obstacle me sépare de celui qui me regarde. Ce n'est pas le vrai! Je vis avec un masque, pas un masque de fer, mais un masque de peau.

Peut-être est-il proche l'instant où je découvrirai la vraie nature du personnage qui s'est construit en moi, qui est devenu moi, et comme les enfants le disent en jouant... " je brûle".


jeudi 23 septembre 2010

Paradoxe de notre système économique

L'un des paradoxes de notre système économique est que l'existence des voleurs génère toute une industrie des portes blindées, des télésurveillances, des serrures de sécurité. Leur conversion à l'honnêteté ruinerait cette activité qui emploie des dizaines, sinon des centaines de milliers de personnes. La disparition du brigandage entraînerait un accroissement catastrophique du chômage et diminuerai le produit national brut. C'est la façon même de définir la valeur des biens produits par l'activité humaine qui doit être remise en question.

Albert Jacquard, La légende de demain.