vendredi 30 août 2013

Jean Daniel, le Pied-Noir qui fascine....


Jean Daniel Benzaïd est un écrivain et journaliste français, fondateur du Nouvel Observateur

 Je lis Miroirs d'une vie de Jean Daniel

Peut-on vivre après la Shoah? Sans cette distance qui réussit à mettre les intempéries entre parenthèses, nous ne saurions jamais être que des survivants ballottés par l'instant. Or, aucune de ces agressions, aucune de nos épreuves n'a réussi à me détourner d'une gourmandise irrépressible de la vie, de la volupté procurée par la mer, de la somptuosité d'un paysage méditerranéen et de la gloire des femmes. Rien ne m'a jamais fait cesser d'attendre les oranges sanguines de février et les raisins muscats de septembre. Les forces de l'esprit, la vigueur animale des sens et la nature des choses nous abritent de la mort.

Né en Algérie française et juif descendant probablement des Berbères il y a des siècles, je n'ai vraiment commencé à découvrir ma terre natale qu'avec les grands textes littéraires qui lui étaient consacrés dans la langue française. C'est Pierre Loti qui le premier m'en a dit les tristesses et les charmes et qui m'a appris à connaître l'humiliation. C'est Gide qui a chanté les sortilèges de Blida où je suis né. C'est Montherlant qui a découvert à Alger qu'il y avait encore des paradis. Et il m'a fallut attendre Camus pour que Noces me révèle une magie tantôt païenne, tantôt panthéiste qui m'habitait sans que j'en eusse conscience. Quant aux Arabes, qui étaient en réalité des Kabyles, me semblaient trouver leur vérité qu'au travers de la France. Et l'histoire des Berbères me passionnait.

Je ne parlais pas arabe, mes parents ne pariaient pas sur un avenir arabe. Mon Algérie était pénétrée, colorée et irriguée par la France. Je ne savais pas non plus l'hébreu sauf quelques prières. J'ai été élevé dans un univers où l'on considérait avec bonne conscience que la civilisation arabe était inférieure et qu'il fallait tout faire pour la hisser jusqu'à nous. C'est en Tunisie, dans la compagnie des artistes et des écrivains de Sidi Bou Saïd que j'ai eu mes premiers vrais amis arabes. Mais c'est dans un hôpital, où j'ai été soigné à leurs côtés, qu'il m'a semblé découvrir, à travers la tendresse des Tunisiens, une des faces secrètes de l'énigme de l'âme arabe, celle du don.

Je veux faire à qui j'aime le plus précieux des présents où le soleil part...
Alors je te ferai don d'un palmier pour que ses palmes te soient louanges (Charles Roy)

jeudi 29 août 2013

Le Lipitor (statine) et la mémoire


Sur 171 patients sous statines se plaignant de troubles de la mémoire entravant sérieusement leur qualité de vie intellectuelle, 143 stoppent le traitement et 128 voient disparaître leurs troubles de mémoire en deux ou trois semaines, qui réapparaissent chez les 19 qui reprennent le traitement.

Les dépressions, troubles du sommeil, confusions, les réactions agressives (parfois extrêmement violentes)  sont disparus en un mois, à l'arrêt du traitement. (Drug Safety, 2007, 30:195)

Les myalgies et les douleurs musculo-tendineuses sont devenues la marque des essais sur les statines.

Le rôle du CHO dans la robustesse des membranes cellulaires et la fonction immunologique majeure de plus en plus évidente de la barrière cutanée, laissent craindre des complications cutanées dermatologiques. Cas d'érythèmes, d'éruptions maculopapuleuses, éruptions lichenoïdes, photosensibilisations, urticaires, eczémas, prurits, psoriasis etc... sont apparus dans les quatre premières semaines du traitement et guéris à l'arrêt des statines (Lipitor, Tahor...)

Les statines induisent le diabète, si cela est confirmé, les statines apparaissent comme un des facteurs de la pandémie de diabètes apparus depuis vingt ans.


Y a de quoi réfléchir....

Le cholestérol, un cristal structuré comme les nervures d'un vitrail gothique.


Découvert dans les calculs biliaires en 1784, baptisé par Chevreul en 1815, il en tire son nom (chole: bile). Elle est si précieuse que contrairement à la plupart des autres molécules, elle n'est jamais détruite par l'organisme. C'est une des clés essentielles de la vie, et la plus décorée des molécules. Sa synthèse et ses fonctions ont justifié 13 prix Nobel. Le CHO (cholestérol) c'est un cristal, structuré comme les nervures d'un vitrail gothique. Le cristal se termine par un radical alcool;  c'est un alcool lourd, un cristal à pointe d'alcool, avec quoi il harponnera et transportera les acides gras. Pour la synthétiser, il faut trois étapes successives. Aucune molécule n'est si lente et difficile à fabriquer. Jamais il n'est oxydé ou brûlé, il est trop précieux. Le CHO, né dans le foie  doit être transporté partout et il est insoluble dans l'eau.

Aucune enquête ne démontre de lien entre la mortalité cardiaque et le CHO. Le CHO est aussi la cause diabolique de l'athérome  et évidemment les statines sont un don du ciel à un coût prohibitif. L'histoire commence par une erreur médicale qui avait fait du CHO le principal responsable de l'athérome, des infarctus du myocarde et des AVC. L'industrie pharmaceutique a très vite perçu l'ampleur du marché qui s'ouvrait. Les grandes firmes se sont aussitôt engouffrées dans la brèche et ont conquis un marché gigantesque, devenu en quelques années le premier marché médicamenteux du monde. Ainsi 200 millions d'hommes et de femmes dans le monde ont été placés en quelques années sous statines. Pour rien.

Ces vingt dernières années, le gouvernement fédéral américain et des associations de malades ont intenté vingt-deux procès à l'industrie pharmaceutique internationale, où elle a été contrainte, sur commissions rogatoires de la Justice, d'ouvrir ses dossiers secrets et de dévoiler ses résultats bruts. Vingt-deux fois sur vingt-deux, la preuve a été apportée de la falsification des résultats, de mise à l'écart des résultats qui gênent, de l'embellissement de ceux qui peuvent lui être utiles, du refus de publier les études négatives et vingt-deux fois sur vingt-deux l'industrie a été lourdement condamnée. Il y a quelques mois (GSK, Pfizer, Lilly, Abott, A-Z, Jonhson & Johnson, Amgen) furent condamnés à payer pour les seules années 2009-2010, 13 milliards de dollars au Trésor fédéral américain pour de graves tromperies concernant une série de médicaments: Vioxx, Deroxat, Prozac, Avandia, Actos et Opren de Lily. Si fortes qu'elles semblent, ces pénalités sont pourtant faibles par rapport aux bénéfices annuels des grandes firmes et si peu dissuasives que la faculté de Droit de l'Université de Harvard propose de condamner, non les firmes, mais personnellement leurs dirigeants. Il y a aussi les indemnités infligées aux associations de patients: 5 milliards de dollars à MSD (Affaire Vioxx). Toutes les grandes firmes ont été condamnées un jour ou l'autre, GSK en tête avec ses 3 milliards d'amende.

Je crois que je vais jeter encore une fois mon Lipitor ou faire à nouveau une fenêtre thérapeutique (un arrêt pour observer)

Je lisLa vérité sur le cholestérol du professeur Philippe Even

Autre blog écrit antérieurement sur le sujet:

http://githibault.blogspot.ca/2012/09/lexercice-physique-est-plus-efficace.html

mercredi 28 août 2013

La Syrie, que faut-il faire?


Les belles paroles moralisatrices, les grands sauveteurs des nations! Les États-Unis ont utilisé des armes chimiques, le gaz orange, sur le Vietnam avec des séquelles horribles et que dire de la bombe atomique, un summum de cruauté, et sans jamais avoir été accusés de crime contre l'humanité. La France  a pratiqué l'enfumade en Algérie, en emmurant des Algériens dans des grottes et en les faisant délibérément mourir asphyxiés. «La peau d'un seul de mes tambours avait plus de prix que la vie de tous ces misérables». Ce n'est pas Bachar el-Assad qui parle mais bien un colonel français, Pélissier, lors de la guerre d'Algérie. La guerre nivelle la cruauté, c'est du pareil au même!

Drapés dans un discours moralisateur, ces pays oublient leurs propres bassesses et deviennent accusateurs... Cela m'horripile! Bachar el-Assad tue ignominieusement son peuple, les États-Unis l'ont fait avant eux. Il suffit de se rappeler la contagion de la petite vérole délibérément  propagée chez les Indiens par des couvertures infectées. C'était une guerre bactérienne.

Grattons un peu, on trouvera à coup sûr une ou des raisons hautement mercantiles derrière ce si généreux sursaut d'indignation. Beaucoup plus qu'une raison humanitaire, des analystes lucides parlent   d'une guerre pour un droit de passage de gazoducs vers la Turquie...

Je ne sais pas ce qu'il faut faire...Peut-être ne rien faire du tout, sinon une aide humanitaire pour tous les blessés, pour tous les affamés. Ce magnifique pays, vieux comme le monde, sera spolié de ses trésors comme en Afghanistan.... Je déteste les guerres. Il me semble que faire la guerre comme moyen de faire cesser une guerre, ce n'est pas heureux! Armer ses ennemis non plus! C'est une stratégie du chaos.

Les enjeux cachés empoisonnent l'air.

Il semble que les militants d'Al-Qaïda se soient infiltrés dans les rangs des rebelles et en auraient pris le contrôle. Les États-Unis et la France sont donc en train d'armer jusqu'aux dents les Islamites d'Al-Qaïda, leurs ennemis d'hier. Si on les aide financièrement et militairement, ce sont eux qui prendront d'une façon hautement prévisible le pouvoir et ce pays deviendra à son tour un pays gouverné par la charia... Quel gâchis!

Les enjeux cachés empoisonnent l'air!

mercredi 21 août 2013

Et si l'ordre mondial s'écroulait.....


Le président Clinton a quitté ses fonctions avec la conviction que la tâche principale de l'Amérique est de "créer" le monde où nous aimerions vivre en acceptant de ne plus être la seule super puissance mondiale et qu'il est temps de se partager la scène." C'est une proposition qui peut paraître pleine de bon sens. Quelle soit réalisable, c'est une autre question. 

En matière de pouvoir, de guerre et de paix, les règles et les institutions survivent rarement au déclin des puissances qui les ont établis. Quand les Américains perdront leur pouvoir, les institutions, les lois qu'ils soutiennent en perdront aussi. Ou alors, si l'histoire se répète, plus probablement, tout s'écroulera et nous entrerons dans un autre ordre - ou désordre -  mondial. Il se peut que nous découvrions alors, mais un peu tard, que les États-Unis étaient essentiels au maintien de l'ordre mondial et que l'alternative au pouvoir américain n'était pas la paix et l'harmonie mais le chaos et la catastrophe - ce qui a existé avant que le monde américain ne s'impose à nous  -

Ce déclin est-il inéluctable ou bien les États-Unis sont-ils en mesure de redresser la barre?

Super pro États-Unis!

Extraits tirés du livre de Robert Kagan, L'ordre mondial américain, les conséquences d'un déclin.

Si le pouvoir américain venait à décliner...


Si le pouvoir américain venait à décliner, quelles seraient les implications pour l'ordre international? Il est probable qu'aucune puissance unique ne pourrait remplacer les États-Unis comme super puissance; le monde n'a connu que deux ères unipolaires en deux mille ans. Il est plus probable qu'on reviendrait à un monde bipolaire. Le principal candidat à la succession des États-Unis dans le rôle de super puissance, c'est la Chine. Des Américains et des Chinois parlent déjà d'un monde du "G2" dans lequel Washington et Pékin mèneraient le bal. Certains prédisent que l'économie chinoise va dominer le monde dans les prochaines décennies.

Dans la fable du scorpion et la grenouille, la grenouille  accepte non sans résistance de traverser la rivière en portant sur son dos un scorpion parce qu'elle se convainc que le scorpion n'a aucun intérêt à la piquer et à mourir avec elle. Puis, au beau milieu de la rivière, le scorpion pique quand même la grenouille. "Pourquoi?" demande-t-elle, incrédule. Alors, le scorpion impavide dit: "Parce que je suis un scorpion. C'est plus fort que moi." La Chine et la Russie pourraient bien endommager ou ruiner l'ordre libéral économique non parce qu'ils en ont l'intention mais tout simplement parce que c'est plus fort qu'eux, parce que leur régime autocratique, totalitaire, est invinciblement porté à la main mise de l'État sur les richesses et au pouvoir qui en résulte. La Chine, en tant que puissance économique en pleine expansion a déjà fait pencher la balance en faveur de l'autoritarisme. L'ancien territoire de l'Union soviétique est une des régions les moins démocratiques au monde.

L'idée que le monde s'accorderait une transition calme et sans secousses, si l'on échangeait la configuration du pouvoir mondial, est un voeu pieux.

Je lis L'ordre mondial américain, les conséquences d'un déclin de Robert Kagan

lundi 19 août 2013

Nous vivons un âge d'or



Né à Athènes, Robert Kagan est un politicologue américain et docteur en histoire américaine

Nous tenons pour définitivement acquis beaucoup de ce que le monde nous offre aujourd'hui: l'extension des libertés, une prospérité mondiale sans précédent, l'absence des guerres entre les grandes puissances. En 1941, on ne comptait qu'une douzaine de démocraties dans le monde: il y en a aujourd'hui plus d'une centaine. Pendant quatre siècles, jusqu'en 1950, le produit intérieur brut a augmenté de 1% par an à l'échelle mondiale. Depuis 1950, il a augmenté de 4% par an, et des millions de gens ont été soustraits à la pauvreté. La première moitié du XXe siècle a connu, il est vrai, les deux guerres les plus meurtrières de l'histoire de l'humanité mais n'oublions pas, que dans les siècles antérieurs, les guerres étaient rien de moins qu'incessantes. Or depuis soixante ans, les grandes puissances ne se sont pas fait la guerre directement. On se souviendra de notre époque comme celle de la guerre qui n'a pas eu lieu entre les États-Unis et l'Union soviétique. Notre époque est un âge d'or.

Il se peut que le progrès dont nous cueillons les fruits ne soit pas le résultat d'une évolution inéluctable de l'espèce humaine. Peut-être n'est-il que la conséquence éphémère et sans doute unique, d'un concours de circonstance. Si les conditions actuelles venaient à changer, si le pouvoir changeait de mains, peut-être l'ordre du monde serait-il changé aussi... Il se pourrait bien que la démocratie se soit développée dans plus d'une centaine de pays  depuis 1950, non pas simplement parce que les gens aspirent à la démocratie mais parce que la nation la plus puissante du monde depuis 1950 est une démocratie! Et parce que la stupéfiante croissance mondiale des six dernières décennies est le reflet d'un ordre économique façonné par un pays qui ne jure que par l'économie de marché. Il se pourrait que la puissance colossale de cette nation ne soit pas étrangère au fait que nous connaissions une période de paix.

L'Histoire nous montre que les ordres mondiaux ne sont pas éternels. Après l'ascension vient la chute. Les institutions qu'ils ont érigées aux idéaux qui les ont guidés, leur chute est elle aussi, inscrite dans le temps. Dès lors que le pouvoir est conquis par des nations qui sont animées par d'autres intérêts et d'autres croyances tout change. Quand l'Empire romain s'effondra, l'ordre qu'il représentait s'est effondré aussi de même que tout le système économique, après quoi, il fallut des siècles pour tout reconstruire. La culture, les arts, les sciences et la technologie ont connu une longue régression.

La fin de l'ordre américain que nous connaissons actuellement aurait-il les mêmes funestes conséquences? Certains pensent que le déclin américain est déjà là et que, hélas, pour le meilleur et pour le pire, on n'y peut rien.

Ce qu'il faut garder à l'esprit c'est que ce ne sont pas ni les anges ni les dieux qui président aux destinées du monde.

Moi je garde à l'esprit qu'il y a eu pendant cet âge d'or, la guerre du Vietnam, du Kosovo, de l'Afghanistan, de l'Irak, le Rwanda... L'Amérique et l'Europe vivaient un âge d'or mais ailleurs, les guerres étaient  "incessantes". 

Je lis: L'ordre mondial américain, les conséquences d'un déclin de Robert Kagan