mercredi 7 septembre 2011

Pour l'amour de Dieu


Chère Micheline Lanctôt, quel film émouvant!

Je me suis levée après la dernière note de musique. Toute la musique du film était d'Henriette Major, magnifique musique! Le film m'a ramenée sur les bancs de l'école où les soeurs nous enseignaient, nous vivions une grande promiscuité avec ces femmes. Pour la première fois, j'ai mis des mots sur un énorme sentiment d'amour que j'ai eu pour une religieuse qui m'enseignait et qui m'aimait aussi. Micheline Lanctot parle d'un coup de foudre qu'elle a vécu dans son adolescence et ses mots et les images de son film m'ont révélé avec netteté une réalité semblable occultée depuis bien longtemps. Avec la petite Léonie, j'ai revécu aussi, la palpitante période mystique de mon adolescence.

Le film n'est pas une charge contre le cléricalisme borné du temps, c'est un film de respect et d'amour envers ces âges que nous avons vécus et envers ces hommes et ces femmes en communauté piégés par l'exigence de voeux perpétuels. Comme si Dieu exigeait des humains un tel tribut de souffrances et de déchirements pour pouvoir être un Dieu consolateur! Une histoire d'amour pathétique, poignante avec son lot de souffrances à première vue, inutiles.

Récemment, en faisant des recherches sur le père Henri Nouwen pour mon bloque, j'ai lu ce que le biographe officiel a écrit sur la dépression du père Nouwen causée en partie par son sacerdoce, son voeu de chasteté, son homosexualité, la solitude et la nostalgie de l'intimité qu'il avait déjà connue. Il n'existe aucune preuve que Nouwen ait brisé son engagement au célibat mais l'énorme tension émotionnelle, spirituelle et physique peut avoir contribué à sa mort prématurée. Ce film de Lanctot parle de cette sorte de tragédie.

La présence de Geneviève Bujold à la fin du film m'a causé une vraie joie. Son visage vieilli est beau et son authenticité illumine le film d'une aura quasi spirituelle.

Micheline Lanctot: "Ce sont les dogmes religieux que je rejette. Les religieuses étaient des féministes avant la lettre, elles préparaient les femmes pour l'université". François Lévesque écrit:" Son film est un plaidoyer implicite en faveur de l'union au sein du sacerdoce". Puisse l'Église entendre!

2 commentaires:

Marie-H. a dit…

Salut Mom!
J'ai aussi vu ce film et j'ai bien aimé malgré le rythme assez lent.
Ça aide à comprendre un peu le genre d'éducation que vous avez reçue et aussi le chemin parcouru depuis... (savais-tu que c'est Monique Huberdeau, la mère d'Éloi Lepage qui a produit ce film?)
MH

Caroline Coulombe a dit…

Merci Gisèle,

Je vais aller le voir pour sûr. J'appartiens à la génération d'étudiantes qui adoraient certaines "soeurs" et en détestaient d'autres. Plus tard, j'ai mieux compris leur détresse. J'ai aussi eu de la gratitude pour certaines qui m'ont véritablement aidée. À suivre, après le visinnonement...