lundi 10 juin 2013

Trois gradués



David


Rosalie

J'ai deux petits-enfants qui terminent leur Secondaire avec brio. Un été les sépare de ce  fameux Cégep.  Cégep, ce nom garant de multiples satisfactions, d'interrogations et d'un petit peu d'anxiété. Rosalie ira vivre chez sa "ma tante Marie" pour ce temps d'étude. La joie est partagée par tous! La chanceuse!

Bonne réussite, mes deux amours!



Maude, cette belle jeune fille vient de graduer elle aussi. Son grand-père et moi  l'aimons de tout notre coeur et nous sommes heureux pour elle. Bon et enrichissant Cégep, Maude! 

Obama est un Bush sous stéroïdes....


Manifestation à Washington contre les conditions de détentions  de Guantanamo


J'ai lu un article dans Le Devoir de samedi qui m'a embêtée pas mal. En matière de renseignement et de politique étrangère, Obama est un Bush sous stéroïdes. Il a triplé le nombre de soldats en Afghanistan,  multiplié par dix les frappes de drones et, pour la première fois, utilisé des drones pour tuer des citoyens américains, sans autre forme de procès. Sur le front intérieur, il a étendu les formes de surveillance de la NSA. Sur presque tous les tableaux, il est allé plus loin que Bush. Et tout cela se fait en secret. Dès que quelqu'un apparaît comme suspect, il est placé sur une "watch list" qui compte maintenant  plus de 700 000 noms... etc... "

Je ne peux faire autrement que de poser un geste de désaveu. Je vais de ce pas effacer le blog écrit sur Obama et sa famille. (blog du 06/03/2013) Aimer sa famille, c'est naturel et il le fait très bien. Obama est président des États-Unis et le camp  Guantanamo n'est pas encore fermé malgré des promesses formelles. Cette prison américaine en terre cubaine, continue d'incarcérer illégalement certains détenus reconnus innocents. Je fais "une montée de lait" me semble-t-il....

vendredi 7 juin 2013

Ce soir, je n'ai encore que 71 ans...





Ce soir, je n'ai encore que 71 ans; une autre année prend fin. Je l'ai trouvée difficile souvent.  Il me semble que malgré les maladies de Guy, de ma mère et de ma fille en pleine  traversée existentielle, passage  douloureux, sacré, riche d'une  promesse de bonheur à réapprivoiser, j'ai bien tenu serré mon gouvernail.

Et voilà, je recommence une autre histoire! Je la souhaite pour eux trois et pour moi, aussi belle que je l'imagine.

J'aime bien l'esprit de  détermination de cette fillette. Je m'approche d'elle, je me fonds dans son aura et je m'imprègne de son énergie, de son audace et de sa vitalité, sachant que ce geste densifie et multiplie  sa couleur et la mienne. 

Qu'elle vienne la Vie!


L'intransigeance républicaine...


Warren Buffett, homme d'affaires,  philanthrope et investisseur américain


La conséquence de cette politique de réduction massive des impôts sur le budget des États-Unis entre 1981 et 1989 est sans appel : les comptes fédéraux ont toujours été déficitaires en dépit des coupes massives dans les services sociaux. Le gouvernement a donc recours à l'emprunt privé, sur les marchés  étrangers. La dette fédérale triple en huit ans, 2 857 milliards en 1989. Ces chiffres alarmants ne sont rien par rapport à la situation des États-Unis aujourd'hui. Le parti de l'éléphant s'est enfermé dans cette logique jusqu'aux années 2000.

G.W. Bush en 2001, a concédé les baisses d'impôts les plus importantes de l'histoire, à hauteur  de 1 600 milliards de dollars sur 10 ans. Il signe en 2003 un deuxième accord de réduction d'impôts, coûtant 1 200 milliards supplémentaires au trésor américain jusqu'en 2017. Ce que l'on nomme les Bush tax cuts vont bientôt contribuer à augmenter les inégalités criantes aux États-Unis. "Les États-Unis s'accoutument à des niveaux d'inégalité complètement fous". (T. Piketty) Cela explique pourquoi Mitt Romney, à la tête d'une fortune évaluée entre 190 et 250 millions de dollars ne paie que 15% d'impôts. Le millionnaire Warren Buffett a déclaré payer moins d'impôts que sa secrétaire. La dette du pays atteindra  environ 20 000 milliards de dollars en 2013. La primauté est donnée aux dépenses militaires plutôt qu'aux programmes sociaux et les républicains luttent toujours férocement contre les syndicats et refusent tout compromis avec les démocrates. Les finances américaines s'approchent dangereusement du point de non retour et tous les candidats n'ont eu de cesse, au cours de leurs débats, de critiquer le président Obama, unique responsable, selon eux, du déficit astronomique des États-Unis. La dérive droitière du Parti républicain se poursuit.

La  branche libertaire sous l'égide de Ron Paul propose un retour de toutes les forces américaines actuellement à l'étranger dans le but de mettre fin  à l'hémorragie budgétaire des États-Unis. Ron Paul est de loin le plus populaire des candidats républicains chez les jeunes. Il critique l'intervention de l'État fédéral dans la vie des citoyens américains, jusqu'à s'opposer au port national de la ceinture de sécurité. Il travaille à influencer la plate-forme économique du parti de l'éléphant vers un sens des responsabilités fiscales. Tout un défi!

Je lis, La nouvelle droite américaine de Soufian Alsabbagh

Un ajout, le 21 octobre 2013:
La dette du gouvernement américain vient d'atteindre un sommet colossal, 17 trillions de dollars !!!

mercredi 5 juin 2013



Joseph McCarty

Le maccarthisme, l'un des épisodes les plus marquants de l'histoire politique américaine d'après-guerre, est le premier fait d'armes de l'aile droite du Parti républicain. L'endiguement du communisme lancé par le président Truman et les prétentions du sénateur Joseph McCarty au sujet d'un complot communiste au sein du gouvernement de Washington amena un immense dérapage. Pendant cette période dite "la peur rouge", tous ceux qui étaient soupçonnés de sympathies communistes devinrent l'objet d'enquêtes, collectivement nommées "la chasse aux sorcières." 

Un autre pan de la droite américaine se dessine: le traditionalisme social et religieux. Le Parti républicain prendra bientôt sa forme actuelle.

En 1968, l'apparente défaite des conservateurs est un leurre. Ronald Reagan est battu, Nixon est élu et c'est l'arrivée aux affaires d'une nouvelle génération dont quelques noms résonneront jusqu'aux années 2000, Donald Rumsfeld, Dick Cheney... Les républicains deviennent de plus en plus partisans d'un libéralisme économique toujours accru et tirent à boulets rouges sur les opposants de la guerre du Vietnam. Une paranoïa entre peu à peu dans le Parti républicain: une tendance des Américains à toujours sentir leur nation menacée par des complots. Après les francs-maçons et les catholiques au XIXe siècle, on craint une conspiration communiste et la guerre au Vietnam est l'occasion d'utiliser ces craintes à des fins électorales. Les républicains affirment avec force que toute augmentation des impôts est forcément nocive au climat des affaires, donc au peuple américain.

Après la présidence tant décriée de Jimmy Carter, Donald Reagan, candidat républicain, accède à la présidence et choisit George Bush comme colistier. Les modérés sont écartés du pouvoir,  George Bush prend le relais. En 1996, Bill Clinton, un démocrate, devient président des États-Unis et en 2000, George W. Bush, le fils du 41e président des États-Unis est élu de façon controversée face à Al Gore; le groupe de sénateurs républicains modérés passe de 20 à cinq membres et ne peut plus influencer l'agenda du président.

Après le 11 septembre 2001, Bush lance le Parti républicain sur la voie de l'extrémisme, au nom de la guerre contre le terrorisme. Il restreint les libertés individuelles, laisse libre court à la torture par l'armée, bafoue résolument les conventions de Genève. Le Club for Growth demande aux candidats républicains de faire serment de ne jamais augmenter les impôts après la baisse record de 1 600 milliards accordée par G.W. Bush. Il quitte la Maison-Blanche en 2009 et l'ère du Tea Party et de l'ultra-conservatisme s'installe dans un nouvel épisode de droitisation.

Suite du livre, La nouvelle droite américaine de Soufian Alsabbagh

lundi 3 juin 2013

Histoire du Parti républicain américain



Abraham Lincoln


La création de ce parti politique est née de la résolution du plus grave problème des États-Unis d'Amérique au XIXe siècle, la question de l'esclavage. Ce nouveau parti, appelé  parti de l'éléphant, va lutter pour mettre fin à la servitude des Noirs. Le Parti républicain se range aujourd'hui du côté de ceux qui ont les idées les plus intolérables, contraire à celles qui ont inspiré Abraham Lincoln.

La victoire d'Abraham Lincoln en 1860 est historique parce qu'elle marque la première présidence républicaine de l'Histoire mais aussi parce que Lincoln  va réussir la prouesse d'unifier son parti et bientôt son pays. La Proclamation d'émancipation, mise en oeuvre le premier janvier 1863, fait de tous les esclaves de l'Ouest des hommes libres. Après l'assassinat de Lincoln en 1865, des amendements accordent la nationalité et le droit de vote aux Noirs. Les républicains vont gouverner sans discontinuer de 1869 à 1885.

À la fin du XIXe siècle, les républicains vont prendre un tournant davantage pro-business. Ce virage à droite va se poursuivre en accordant la primauté aux intérêts des grandes entreprises au sein du parti. Une aile progressive va se développer marquée par la candidature de Théodore Roosevelt (1901-1909), celui-ci lance à l'échelle nationale l'idée d'une couverture maladie universelle. En vain. Les républicains pro-business parviendront à reprendre le contrôle du parti en 1920. C'est le début de douze ans de scandales politico-financiers  marqué par la grande crise de 1929. L'ère de la domination républicaine s'achève en 1932 par la victoire décisive du démocrate Franklin Delano Roosevelt.  

Après la guerre civile, la Reconstruction menée par les républicains forge la réputation des États-Unis comme une nation d'entrepreneurs, où chacun peut réussir en travaillant dur. Le discours de plus en plus acéré contre les syndicats en plein essor amène les syndicats liés à la cause républicaine à quitter le parti en masse jusqu'à la victoire de Roosevelt, sur un fond de crise économique. En matière d'immigration, le Parti républicain ne parvenait pas à se départir d'un très fort sentiment anticatholique. C'est avec cet héritage brouillé que les républicains vont entrer dans le XXe siècle.

Je lis La nouvelle droite américaine  de Soufian Alsabbagh


lundi 27 mai 2013

Karsky devant Roosevelt



Jan Karsky

Jan Karsky arrive à New York. Il multiplie aussitôt les conférences, les entretiens. Il rencontre de nombreuses personnalités. On lui annonce que le président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt désire l'entendre personnellement. La rencontre a lieu à la Maison-Blanche, le 28 juillet 1943, elle dure un peu plus d'une heure.

On a laissé faire l'extermination des Juifs, Personne n'a essayé de l'arrêter. Personne n'a voulu essayer. Roosevelt lui-même s'étonnait devant moi, et son étonnement n'était que mensonge. Tous jouaient l'ignorance, parce que l'ignorance leur était profitable. Mais les services secrets avaient fait leur travail, on savait. Les Anglais étaient renseignés, les Américains étaient renseignés. C'est en connaissance de cause qu'ils n'ont pas cherché à arrêter l'extermination des Juifs. Si l'extermination a pu avoir lieu si facilement, c'est parce que les Alliés ont fait comme s'ils ne savaient pas. En sortant de mon entretien avec Roosevelt, j'avais compris que tout était perdu. Les Juifs d'Europe mouraient exterminés par les nazis, avec la complicité passive des Anglais et des Américains. J'ai compris qu'il ne serait plus jamais possible d'alerter la "conscience du monde", comme me l'avaient demandé les deux hommes du ghetto de Varsovie. Ainsi la destruction ne trouverait bientôt plus d'obstacles. Et lorsque l'insurrection de Varsovie a éclaté, un an plus tard, les Polonais ont cru jusqu'au dernier instant que les Anglais, les Américains et les Soviétiques viendraient pour les sauver. Depuis cette fin d'après-midi, je savais que Varsovie serait abandonnée. J'ai compris qu'il y avait quelque chose d'intransmissible dans ce message.


Franklin D. Roosevelt

Roosevelt venait de terminer son dîner, Il mâchouillait encore un peu, il s'est essuyé la bouche, il tenait à la main une fiche qu'il lisait distraitement. En me serrant la main très fort, il a dit: "Welcome mister Karsky". Il y avait beaucoup de gens qui assistaient à la scène. Debout près de la porte une belle femme vêtue d'un tailleur gris et d'un chemisier blanc prenait des notes.Tandis que j'expliquais à Roosevelt les conditions dans lesquelles la Pologne parvenait à résister aux nazis et aux staliniens, face à moi, Roosevelt semblait engourdi, aussi n'a-t-il pas beaucoup parlé dans cet entretien. De temps en temps, il se tournait vers la femme au chemisier blanc, il ne se gênait pas pour regarder ses jambes. Je parlais abondamment, Roosevelt ne disait rien. je crois qu'il digérait. Je me suis dit : Franklin D. Roosevelt est un homme qui digère - il est en train de digérer l'extermination des Juifs. Il s'st mis à ouvrir lentement la bouche : la réaction va être terrible - mais non, il n'a rien dit: sa bouche s'est un peu tordue, il écrasait un bâillement. Chaque fois qu'il ouvrait la bouche je me préparais à entendre une parole, mais non, encore un bâillement. Et puis au bout d'un moment, Roosevelt a pris la parole, il a dit :"I understand". Il a répété ces mots plusieurs fois. Il m'a semblé que chez Roosevelt la parole était si près du bâillement que parler, c'était comme bâiller. Ce qu'il réprimait en bâillant c'était la parole elle-même, il ne voulait pas comprendre. Plus il disait: "Je comprends" plus il exprimait la volonté inverse. je sentais malgré tout une curiosité maussade qu'on a pour l'étranger qu'on méprise. 

Je ne savais rien des accords secrets de Téhéran, la guerre n'était pas finie, et déjà les Anglais et les Américains avaient vendu la Pologne à Staline. À Varsovie, mes amis résistaient pour rien. Face à Roosevelt, dans son bureau de la Maison-Blanche, je me posais la même question que dans le bureau de la Gestapo, lorsque je subissais la torture des SS: comment sortir d'ici. J'avais affronté la violence nazie, j'avais subi la violence des Soviétiques et voilà que je faisais connaissance avec l'insidieuse violence américaine. Comment s'évade-t-on d'un canapé? À la violence du totalitarisme allait se substituer cette violence-là, diffuse, civilisée et qu'en toutes circonstances la démocratie allait maquiller. Le consensus anglo-américain masquait un intérêt commun contre les Juifs. Ni les Anglais ni les Américains ne voulaient venir en aide aux Juifs d'Europe, parce qu'ils craignaient d'être obligés de les accueillir.

Chaque fois qu'un collaborateur de Roosevelt ou de Churchill se demandait quoi faire des Juifs, il se posait la même question qu'Hitler. Heureusement pour les Anglais, heureusement pour les Américains, Hitler n'a pas expulsé les Juifs d'Europe, il les a exterminés.



Toutes les guerres me répugnent. La dernière plus que toute autre.


Je lis Jan Karsky écrit par Yannick Haenel.