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mardi 3 mai 2016

L'Ivoire des éléphants brûle



Le président du Kenya a procédé  ce samedi 30 avril,  à la destruction de 105 tonnes d'ivoire dans le parc national de Nairobi, soit la plus grande quantité d'or blanc jamais incinérée en une fois. Un geste symbolique fort pour la lutte contre le braconnage des éléphants, décimés pour leurs défenses.

Romain Gary, dans son livre Le sens de ma vie se confie à un journaliste de Radio-Canada peu de temps avant sa mort:

«Les Racines du ciel a été un très grand succès; c'est un livre écrit en vain pour la défense des éléphants puisqu'on en massacre aujourd'hui soixante-dix mille par an et que l'épouse d'un des grands chefs d'États africains a été la principale trafiquante d'ivoire - cinq milles tonnes d'ivoire chaque année. J'ai reçu le Goncourt avec ce livre, mais Les racines du ciel allait au-delà de la défense de l'environnement. Les éléphants étaient aussi pour moi, la défense des droits de l'homme : maladroits, gênants, encombrants, ils interféraient avec le progrès, ils renversaient les poteaux télégraphiques, ils paraissaient inutiles, mais il fallait les préserver à tout prix.

Les droits de l'homme étant défendus par mille organismes je me réclame avant tout, sans aucune pudeur, d'être le premier auteur de qualité à avoir écrit dans un roman important un livre sur la défense de l'environnement et la protection de la nature. J'ai été le premier écologiste de France et j'en suis fier. C'était une époque où la nature tenait une dernière place dans la préoccupation des Français».

Si vous écrivez Romain Gary dans le rectangle blanc, en haut à gauche, vous pourrez relire des extraits bouleversants sur les éléphants du livre Les racines du ciel publié en 1956. Et c'est si divinement écrit! J'aurai bonheur à relire ce livre.... C'est un livre écrit en vain, dit-il tristement...

samedi 30 avril 2016

Romain Gary, ultimes paroles...




Romain Gary 1914-1980


Je prétends que le premier homme à avoir parlé d’une voix féminine au monde, c’est Jésus-Christ. Les valeurs de tendresse, de compassion, d’amour sont des valeurs féminines et elles ont été prononcées par un homme qui s’appelle Jésus.

En réalité on est toujours étonné qu’un agnostique comme moi soit tellement attaché au personnage de Jésus.

Ce que je vois dans Jésus et dans le christianisme - en dépit du fait qu’il soit tombé dans des mains masculines et devenues sanglantes par définition - c’est la voix de la féminité en dehors de toute question d’appartenance catholique que je peux avoir techniquement. On ne comprendra absolument rien à mon œuvre si l’on ne comprend pas le fait très simple que ce sont d’abord des livres d’amour et presque toujours, l’amour de la féminité. Si j’écris un livre dans lequel la féminité n’apparaît pas, elle y figure comme un manque, comme un trou.

Je ne connais pas d’autres valeurs personnelles, en tant que philosophie d’existence, que le couple. Je reconnais que j’ai raté ma vie sur ce point. Ce que j’ai fait de plus valable, c’est d’introduire dans tous mes livres, dans tout ce que j’ai écrit, cette passion de la féminité.

Si on me demande de dire quel a été le sens de ma vie, je répondrai toujours – et c’est vraiment bizarre pour un homme qui n’a jamais mis les pieds dans une église autrement que dans un but artistique – que cela a été la parole du Christ dans ce qu’elle constitue pour moi l’incarnation de la féminité.

Je pense que si le christianisme n’était pas tombé entre les mains des hommes mais entre les mains des femmes, on aurait eu aujourd’hui une tout autre vie, une tout autre société, une tout autre civilisation. Je voudrais seulement avoir encore le temps de continuer dans la même direction aussi longtemps que possible, simplement par amour de la femme. Je ne voudrais pas qu’il y ait plus tard, quand on parlera de Romain Gary, une autre valeur que celle de la féminité.

Ce texte est un extrait d’un entretien accordé par Romain Gary à Roger Grenier de Radio-Canada « Ces paroles ultimes serrent le cœur » écrit-il.

Moi aussi j’ai le cœur serré.  Peu de mois après l’enregistrement, Romain Gary mettait fin à ses jours, le 2 décembre 1980, d’une balle dans la tête.

lundi 12 mai 2014

Romain Gary et les éléphants


Au début du XXe siècle , il y avait un million d'éléphants. Aujourd'hui, on en compte sept mille. Ils sont en voie de disparition. Le Devoir en parle comme  d'une véritable tragédie. Je me suis souvenue que j'avais transcrit des extraits magnifiques portant sur les éléphants en lisant Les racines du ciel. Je l'écris à nouveau:

 
Je lis Les racines du ciel qui valut à Romain Gary son premier Prix Goncourt.

"Il n'est pas possible de surprendre les grands troupeaux d'éléphants en train de courir à travers les vastes espaces de l'Afrique sans faire aussitôt le serment de tout tenter pour perpétuer la présence parmi nous de cette splendeur naturelle dont la vue fera toujours sourire d'allégresse tout homme digne de ce nom. Le temps de l'orgueil est fini, nous devons nous tourner avec beaucoup plus d'humilité et de compréhension envers les autres espèces animales, différentes mais non inférieures. L'homme en est venu au point, sur cette planète, où il a vraiment besoin de toute l'amitié qu'il peut trouver, et dans sa solitude il a besoin de tous les éléphants, de tous les chiens, de tous les oiseaux... Il est temps de protéger cette liberté géante, maladroite et magnifique, qui vit encore à nos côtés."

Trente milles éléphants étaient abattus par année, en Afrique, au moment où Gary écrivait ces lignes par la voix désespérée du beau personnage de Morel. Des éléphants tombés dans des pièges agonisaient souvent, empalés sur des pieux pendant des jours et des jours. Des milliers de tonnes d'ivoire étaient vendues chaque année à Hong-Kong. Romain Gary serait content de savoir que maintenant, les éléphants sont une espèce protégée... Cet homme de qualité qui a si mal réussi à se protéger lui-même...

J'ai transcrit un deuxième extrait encore plus émouvant. En 2011. Voici le lien:

http://githibault.blogspot.ca/2011/01/les-elephants-et-romain-gary.html

lundi 10 janvier 2011

Romain Gary et les éléphants


Romain Gary est un romancier français d'origine juive, unique double récipiendaire du Prix Goncourt. Il naît le 8 mai 1914 à Vilna (Lituanie), alors dans l'empire russe, et se suicide le 2 décembre 1980 à Paris.


Je lis Les racines du ciel qui valut à Romain Gary son premier Prix Goncourt.

Je cite ce beau passage sur les éléphants: "Il n'est pas possible de surprendre les grands troupeaux d'éléphants en train de courir à travers les vastes espaces de l'Afrique sans faire aussitôt le serment de tout tenter pour perpétuer la présence parmi nous de cette splendeur naturelle dont la vue fera toujours sourire d'allégresse tout homme digne de ce nom. Le temps de l'orgueil est fini, nous devons nous tourner avec beaucoup plus d'humilité et de compréhension envers les autres espèces animales, différentes mais non inférieures. L'homme en est venu au point, sur cette planète, où il a vraiment besoin de toute l'amitié qu'il peut trouver, et dans sa solitude il a besoin de tous les éléphants, de tous les chiens, de tous les oiseaux... Il est temps de protéger cette liberté géante, maladroite et magnifique, qui vit encore à nos côtés."

Trente milles éléphants étaient abattus par année, en Afrique, au moment où Gary écrivait ces lignes par la voix désespérée du beau personnage de Morel. Des éléphants tombés dans des pièges agonisaient souvent, empalés sur des pieux, pendant des jours et des jours. Des milliers de tonnes d'ivoire étaient vendues chaque année à Hong-Kong. Romain Gary serait content de savoir que maintenant, les éléphants sont une espèce protégée... Cet homme de qualité qui a si mal réussi à se protéger lui-même...