vendredi 13 mars 2009

Mon Palenque....

C'était le but du voyage. Aller à Palenque, et voir les pyramides du roi Pakal. En 1952, Alberto Ruz Lhuillier découvre dans le Temple des Inscriptions, la sépulture du roi Pakal, reposant dans un sarcophage fermé d'une dalle de pierre magnifiquement sculptée, cette tombe n'avait jamais été ouverte depuis l'an 692.

Il fut décidé que j'irais sans Guy. Il acceptait difficilement que je rate ce voyage si longtemps désiré. Félipé, le veilleur de nuit, veillerait sur ses nuits et sa femme Marcella, sur ses jours. Elle ferait ses repas, le ménage et viendrait aux heures, le saluer.

Quelques jours avant notre départ, l'état de Guy s'est détérioré. Alors qu'il marchait prudemment, à petits pas, vers la piscine, je l'ai vu s'effondrer. Il ne pouvait plus se fier à cette jambe qui cessait de le supporter à tout moment. Scott était très inquiet, une hernie discale grave peut mener à la paralysie.

Je ne pouvais plus partir. Je ne le voulais plus. Norma et François étaient vraiment peinés aussi. Guy a demandé à Norma de me trouver un cadeau en son nom. Sur du cuir, un artiste a reproduit la dalle de pierre recouvrant le sarcophage du roi Pakal: la résurrection de Pakal arraché au monde souterrain. C'est très beau. J'étais émue. Même François m'a rapporté une breloque faite d'un glyphe représentant la force. Il est rare qu'un homme pose ce genre de geste d'affection vis-à-vis une femme. Je l'imprègne de vibrations positives et je la transforme en talisman. J'ai mis un temps pour exsuder ma peine et finalement je me suis retrouvée en paix avec ma décision . Je n'aurai donc pas vu Palenque, l'une des plus belles cités maya. J'étais si près....


samedi 7 mars 2009

Deux Gaulois

Le médecin de Catemaco est un Suisse. Il est grand, beau comme un coeur, sa voix est douce et il parle encore un peu français. Il s'appelle Christoph, on l'appelle doctor Cristobal.
Le chiropracticien est un Belge. Il est grand, beau comme un coeur, ses cheveux sont longs et ondulés et il parle très bien français. Il s'appelle Benedict, on l'appelle doctor Ben.
Comment se fait-il que deux Européens se retrouvent à travailler et vivre dans un bled perdu du Mexique, ici à Catemaco?
"Parce qu'ici, c'est la liberté. pas d'assurances, pas de syndicat, pas de lois restrictives, même se bâtir une maison, c'est facile et... il fait toujours soleil".
Deux êtres humains magnifiques!

vendredi 6 mars 2009

la Playa Jicacal

Guy en a marre d'être allongé. Ses douleurs disparaissant avec les narcotiques, il décide d'accepter l'invitation de François et Norma. Nous faisons cap vers la mer, à la playa Jicacal. C'est tout près. Il a raison Guy, nous avons un grand besoin de nous changer les idées et de retrouver un feeling de vacanciers heureux.

En quittant la grande route, nous avions un chemin de terre d'environ 2 milles à parcourir et nous avons mis près de 26 minutes à du 3-4 km heure. Nombreux heurts au dos de Guy et à la voiture, nous commencions à douter du bien-fondé de cette décision. On ne s'habitue guère au mauvais état des routes mexicaines!

Je tenais fermement Guy par le bras et nous avancions à petits pas. Oh! surprise un hamac se balançait sur la grande galerie, face à la mer. Guy s'y est installé, il aime tant les hamacs. Une petite fille adorable, Maria, le regardait et lui faisait des sourires.

La mer était magnifique, une mer à grosses vagues moutonneuses, sous un ciel bleu sans nuages. Ces mots paraissent simplistes mais quand j'ai les pieds dans la mer et que le bruit profond des vagues, venant de si loin, me pénètre de sa longue incantation, les émotions qui m'envahissent sont pleines et vastes et de rares fois, je me sens aussi...grandiose que la mer elle-même. De rares fois ....

Ce resto est particulier. En arrivant, on commande un poisson, un homme va le pêcher, la cuisinère le fait cuire et on nous l'apporte. Nous avons dégusté un pompano, gros poisson doré, cuit et épicé à point, avec une bonne bière froide; un délice! Evidemment, de l'hameçon à l'assiette, le temps est long...mais on était si bien, et la plage si belle... Guy n'a pas regretté. Mais les lendemains ont tapé fort.

jeudi 5 mars 2009

la Laguna Chalchoapan

Nous sommes partis à la recherche du deuxième lac de Catemaco, en montagne. C'était avant la maladie de Guy. Guy est un bon éclaireur, moi j'aurais rebroussé chemin 100 fois. Nous nous sommes perdus à quelques reprises mais Guy gardait le cap. Il faisait si beau et nous étions de bonne humeur. Nous avons admiré des arbres étonnants à l'écorce rouge et finalement nous avons trouvé la Laguna. Comme Catecaco, ce lac immense est formé à même le cratère d'un volcan et il est à un palier plus haut dans la montagne. Un couple mexicain vit près du lac dans une cabane en tôle et en vieilles planches. Ces gens vivent dans un décor somptueux mais dans une pauvreté quasi irréelle. Ma hanche, encore sous l'effet de l'infiltration de cortisone tient le coup. Tant mieux!

café et sucre


Nous avons visité une plantation de caféiers. Et nous sommes entrés dans un champ de cannes à sucre. De longs graminés sont semés entre les plants. Un plan de canne à sucre c'est vraiment très haut ! Du temps heureux, où Guy et moi explorions tout avec insousciance.

mercredi 4 mars 2009

Guy est souffrant

Est-ce une douleur sciatique? une crise de goutte? peut-être une torsion lombaire? Toute sa cuisse est inflammée. La douleur est très grande et marcher est une torture. Une chaise placée dans son lit, pour que sa jambe soit à angle droit, le soulage mais pas longtemps. la nuit, il tremble de froid et de douleur, je m'allonge près de lui pour le réchauffer. Il gémit même en dormant.

Un peu contre son gré, j'appelle le médecin qui s'amène à notre casita pour évaluer la situation. Il recommande des radiographies et des manipulations chiropractiques. Il s'agit probablement d'un nerf coincé. Bon!

La clinique de radiographie est à San Andrès de Tuxtlas, François nous y amène. Guy peut à peine se tenir debout. Retour à la clinique du chiro avec les radios. Moments durs à passer mais résultats concluants, les douleurs diminuent et il fait quelques pas, dos droit. Ouf!

La nuit venant, toutes les douleurs retrouvent leurs chemins et se réinstallent peu à peu. Le découragement aussi. Je parle à Scott, notre neurochirurgien. Il m'explique que Guy a tous les symptômes d'une hernie discale. Scott et le docteur Cristobal se mettent d'accord pour prescrire des médicaments plus puissants, des narcotiques. Et le soleil se lève après une longue éclipse: les douleurs disparaissent. Mais le mal est tapi dans l'ombre de son corps, ne demandant qu'à se manifester à nouveau. On le sait ça! Tous lui déconseillent les manipulations chiropractiques mais pour lui, l'intuition de sa guérison passe par le chiro... Dilemme!

mardi 3 mars 2009

la rive mexicaine du lac Catemaco


Nous avons découvert un endroit merveilleux, tout au bout du Malecone (la rive touristique). Une route de terre s'amenuise jusqu'à devenir un tout petit sentier qui nous mène sur le rivage du lac Catemaco. Le Catemaco des Mexicains. Une apparition céleste ! Tout me paraissait magnifié même le petit sentier rocailleux qui serpentait à travers des arbres si beaux, si gigantesques. Un vieux pêcheur, à l'oeil brisé réparait un filet de pêche suspendu à une branche d'arbre, et sous la lumière tamisée par le feuillage, ce filet devenait dôme de dentelle diaphane. Il chantonnait tout en coupant les fils avec ses dents.

Nous avons longuement regardé un pêcheur de tegogolos travailler. Il a ceinturé ses reins d'un tablier de platique pour y mettre le produit de sa pêche. Puis, dans un geste ample et bien calibré, il a lancé son filet. Le filet s'est déployé au dessus du lac comme les ailes d'un ange. Les maillons blancs du filet étincelaient dans la lumière. Doucement, le filet s'est enfoncé dans l'eau et le pêcheur a plongé. Il est resté longtemps sous l'eau, même que je m'inquiétais. Il est réapparu et nous a salué. Du beau travail!

En chemin, nous avons découvert une petite plage, la Playa Espagoya, et un sympathique resto. Les tables et les chaises étaient plantés dans du sable blond. Du sable, du vrai sable chaud! Habitués que nous sommes aux résidus volcaniques noirs et si salissants du lac (ancien cratère d'un volcan), nos doigts de pieds jubilaient de satisfaction. Nous avons commandé de la bière et des tegogolos, les Mexicains raffolent vraiment de ce fruit de mer qu'on ne retrouve qu'ici, dans le lac Catemaco. Une texture qui rappelle un peu celle de la poulpe mais c'est vraiment délicieux dans une sauce aux tomates, piments et épices fortes. On nous en propose continuellement sur la rue. Maintenant, je sais que c'est bon!

Nous sommes allés aussi loin que nous le pouvions. Nous avons chevauché d'immenses racines, une fourmillière de fourmis rouges, une pente assassine et des crevasses glissantes et après tout ça, nous avons dû rebrousser chemin. D'ailleurs, Guy a glisssé un peu mais sans trop perdre l'équilibre; l'heure du retour venait de sonner. Nous savions que certains audacieux réussissent à passer. Pour eux, au bout du chemin, il y a un long escalier de pierres et en bas... suprême récompense, une plage secrète, un joyau!