mardi 15 juillet 2014

Alfred Pellan, le rêveur éveillé


Alfred Pellan avec pinceaux



Série noire-C

En 1940, Jean-Paul Lemieux affirme: "Et voilà que Pellan nous revient après quatorze années à Paris avec une peinture qui  nous surprit, nous bouleversa et nous laissa tout décontenancé". Deux ans plus tard, a lieu la fameuse exposition qui souligne le retour de l'enfant prodigue au pays. L'événement fit date dans notre histoire de l'art.


Femme d'une pomme

En 1996, le mini bestiaire de Pellan, composé d'une multitude de bestioles ludiques, fruit de son imagination et de son inventivité fera les délices de tous les visiteurs du Musée de Québec. Le Musée consacre une de ses salles à cet artiste immense. C'est l'une des figures de l'art moderne au Québec que l'institution met à l'honneur, aux côtés de Jean-Paul Riopelle, Fernand Leduc et Jean-Paul Lemieux. L'oeuvre de Pellan sera examiné sous l'angle du surréalisme. L'artiste fait la part belle à l'érotisme et développe maints effets stylistiques. "Une poésie picturale".



Bestiaire


Bestiaire


Bestiaire

Je lis Pellan, le rêveur éveillé.

lundi 14 juillet 2014

Propension biologique chez l'homme de "produire" le plus de descendants....


La violence et la guerre prennent racines chez nos ancêtres lointains, les singes. La présence de femmes dans les cercles où se prennent les décisions a-t-elle pour impact de restreindre notre propension à la violence? La thèse qui n'est pas nouvelle est remise à l'honneur dans le livre Sex and War, où le biologiste Malcom Potts et le rédacteur scientifique Thomas Hayden relient cette "propension à la violence" aux mâles, à leur volonté de s'imposer comme mâle dominant et à cette propension biologique de "produire" le maximum de descendants.

D'où l'importance que ces auteurs attachent au rôle social croissant chez les femmes au cours des deux derniers siècles, rôle qui aura prédisent-ils, un impact à long terme sur la réduction de la violence. Si ces auteurs ont raison, la femme serait ce qui un jour, distinguera finalement l'humain du Chimpanzé.

Agence Science-Presse, 2014


Le plus de descendants possible... mais pourquoi cette obstination de coqs de basse-cour alors que la Terre craque déjà sous une population grandissante sans parler de ses détritus?

samedi 12 juillet 2014

La phrase qui va tuer Camus



Albert Camus


Un jour funeste, le 16 octobre 1957, Camus se trouve à Stockholm pour recevoir son prix Nobel. Il rencontre des étudiants et répond à une multitude de questions. L'un d'entre eux l'interroge sur l'Algérie et lui reproche de ne rien faire pour l'Algérie et continue de l'agresser.

"J'ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi un terrorisme qui s'exerce aveuglément dans les rues d'Alger et qui un jour peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice mais je défendrai ma mère avant la justice". Cette phrase va le tuer, il ne le sait pas encore.

Ce qu'il faut entendre par cette phrase dite est: S'il faut choisir entre la justice des terroristes et ma mère qui pourrait mourir de cette prétendue justice, je choisis ma mère et les miens. Camus a improvisé, cette parole a été lâchée dans la fatigue et l'épuisement, la lassitude du marathon infligé à chaque récipiendaire du Nobel.

L'occasion était trop belle de fausser le sens de cette parole. Le Monde titra: "Le philosophe emblématique de la justice se moque de la Justice - il préfère sa mère". Tous les ennemis de Camus jubilent à Paris. Cette version faussée a longtemps fait autorité. Encore aujourd'hui.

Camus trouve la mort le trois janvier 1960 dans un accident d'auto. Il a quarante-sept ans. L'Algérie devient indépendante en 1962. Il ne vit pas l'expulsion d'un million de pieds-noirs une fois le FLN au pouvoir. Il ne sut jamais qu'après l'indépendance, le FLN a massacré entre 30 000 et 150 000 Harkis (ils avaient soutenu la France). Il n'aura pas pu lire cette page écrite par Simone de Beauvoir qui a tant contribué, avec Sartre, à construire la légende d'un Camus incapable de lire et de comprendre les philosophes et les petits-bourgeois de droite, penseurs du colonialisme. Il ignora que le jeune homme qui l'avait violemment interpelé à Stockholm alors qu'il n'avait encore rien lu de lui, s'y mis ensuite et  commença par Misère dans la Kabylie et reçut un choc. Il a tout lu de lui. Enthousiaste, il a voulu le rencontrer - avant d'apprendre que Camus était mort. Il fit le voyage à Lourmarin, au petit cimetière où repose le philosophe, pour fleurir sa tombe.

Camus souhaitait que les deux peuples puissent vivre dans le même pays en paix. Et il condamnait le régime colonial. Il n'épargnera pas les patrons, les employeurs, qui versaient des salaires de misère, affamant les ouvriers, de ce fait moins performants et, pour cette même raison, bien moins payés. Il condamnait toute violence, tout crime, tout assassinat, toute mise à mort. Il est intervenu plus d'une centaine de fois pour sauver de la guillotine des terroristes du FLN. Sartre voulait la guerre, pas Camus.

Guy porte encore au coeur la douleur de cette guerre, sa famille dut tout abandonner et quitter cette terre aimée à tout jamais. 

mardi 8 juillet 2014

Camus, la folie de Nietzsche et le mythe de Sisyphe



Friedrich Nietzsche, philosophe allemand

En Italie, Camus donna des conférences en 1954. Il s'est rendu au domicile de Nietzsche à Turin. À cet endroit, le philosophe avait enlacé le cou d'un cheval frappé par son cocher. Cette empathie formidable avec l'humanité souffrante marquait son entrée dans le monde de la folie. Camus avoue n'avoir jamais lu le récit de cette folie sans pleurer, probablement parce qu'il savait la fragilité qui sépare la raison de la déraison. 

À plusieurs reprises, mais aussi le jour de son discours à Uppsala, en Suède, Camus rapporte cette anecdote d'un Niezsche qui, après la rupture douloureuse avec Lou, allumait des incendies de feuilles sèches et de branches sur les hauteurs du golfe de Gênes. Camus concluait:" Leur lueur a dansé derrière toute ma vie intellectuelle".

Amor fate  enseignait Nietzsche: Aime ton destin.

Dans "Le mythe de Sisyphe", Camus raconte cette histoire d'un Sisyphe condamné de façon absurde à rouler son rocher au sommet de la montagne en sachant qu'il dévalera à nouveau la pente avant de la remonter. Sisyphe "juge que tout est bien" formule nietzschéenne à souhait. On connaît l'ultime phrase de ce livre: "Il faut imaginer Sisyphe  heureux". 

Camus n'a pas encore trente ans et cette leçon sur la douleur et la souffrance lui permet d'accepter la sienne. Nietzsche contracte très jeune une syphilis dans un bordel, il hérite en plus d'une complexion familiale favorable aux maladies psychiques. Conséquemment, le philosophe allemand développe une pathologie qui débouche sur dix années de folie avant la mort, à l'âge de cinquante-quatre ans.


Albert Camus, philosophe français né en Algérie

Pudique, Camus ne s'est guère penché sur sa tuberculose. Depuis son surgissement à l'âge de dix-sept ans, cette maladie déterminera sa vision du monde: savoir qu'on vivra une vie brève, régulièrement altérée, avec des paliers et des rémissions mais aussi des rechutes.

Pour le jeune homme qui nage et court sur les plages, aime danser avec les filles et jouer du football, fêter avec les copains et  fumer, le poumon atteint c'est la mort en soi, visible au quotidien avec essoufflements, crachats de sang, fièvres, transpirations, crises qui risquent de l'emporter. 

À quoi bon vivre puisque qu'il faut mourir? Camus a connu la tentation du suicide. Il a séduit des femmes, il a joué la comédie au théâtre, il s'est habillé et comporté en dandy, il a expérimenté le voyage en Europe, il a aspiré à changer le monde, écrit des livres et constaté que rien de tout cela ne comblait le vide absolu. "Amor fate, aime ton destin".

Je lis  Les consciences réfractaires de Michel Onfray

lundi 7 juillet 2014

La maternité



La Julia, bébé-fille

La maternité est un état qui se prolonge dans le temps. La maternité est inséparable du temps. Elle se déroule dans la durée. L'homme n'a besoin que de trois secondes pour féconder une femme; s'ensuive pour celle-ci neuf mois de grossesse, de longues années d'efforts pour apprendre à son petit à manger, à parler, à se débrouiller dans le monde. C'est pour elle la découverte du temps. Les neuf mois de grossesse sont indispensables pour se préparer à la maternité. L'attente est proche de l'attention. Une femme enceinte est une femme qui écoute. Il y a don de soi et don de la vie.

Il y a une joie particulière liée au fait d'être mère, un bonheur, un déploiement d'amour, une vibrante émotion. (J.P. Marchand)

Annie Leclerc: "Des siècles de censure nous ont appris à taire ce qui nous fait jubiler... je parle de la jouissance exquise de l'enfant. D'être adulte et de voir l'enfant, de l'entendre, de le toucher, de le caresser, de le faire rire, de le soulever de terre, le nourrir. Je sentais monter le lait jusqu'au bord des seins en afflux tièdes qui me déchiraient d'une longue et douce morsure. Il me fallait, je voulais ce que semblait demander la bouche minuscule, mais forte et vorace. Je prenais le bébé dans mes mains amoureuses, je le guidais vers mon sein gonflé, et ses lèvres, sa langue suçaient, tiraient, inventaient de moi un plaisir émerveilllé.

Être mère c'est d'abord faire l'expérience, éprouver et connaître la non-solitude. Parfois aussi c'est une expérience fusionnelle, un dépassement de toutes ses limites.

Je suis persuadée que pouvoir répondre adéquatement au besoin criant d'amour chez chaque nouveau-né éliminerait pratiquement tout le mal humain".

Annie Leclerc, Paroles de femmes.

J'ai aimé être mère et j'ai aimé aimer mes enfants!

La grotte de Lascaux à Montréal



L'unique représentation d'un être humain : un homme en érection


La vache noire



Le Centre des Sciences exposait quelques chefs-d'oeuvres de la préhistoire à travers des reproductions pleine grandeur de la Grotte de Lascaux.

Fabuleux retour aux origines de l'humanité avec cette révélation: l'homme de Cromagnon, c'est nous, à quelques poussières près. 

Yves Coppens, paléontologue célèbre, racontait sur un vidéo : il y a 20 000 ans, dans une grotte obscure, la main de l'homme-artiste qui creusait l'esquisse d'un cheval ou d'un aurochs avec son silex mettait en branle une synergie vibratoire. Les vibrations de la main qui sculptait, celle de l'outil qui grugeait la paroi rocheuse et la réaction de la pierre elle-même ont laissé une mémoire dans ces sillons. Viendra le jour, où l'on pourra capter et décoder cette mémoire vibratoire et peut-être entendre la voix des peintres de Lascaux. 

Quel conteur magnifique! Étrange et magique perspective!


Gi, Suzanne et Carmen en cavale à Montréal


jeudi 3 juillet 2014

Ils sont heureux...

  

Ma fille  et son Pierre

Ils sont heureux ces deux-là. Ça fait du bien de voir un couple heureux après ces tristes photos de femmes maltraitées par leur mari.  

Que votre amour les aide à garder l'espérance!