jeudi 16 septembre 2010

L'ordalie ou jugement de Dieu


Ordalie par le feu

L'ordalie, dans plusieurs cultures et à plusieurs époques consistait en des épreuves physiques visant à s'assurer, lors de l'enquête judiciaire, de la culpabilité ou de l'innocence des individus, en faisant intervenir la justice divine.

Par exemple, prendre dans sa main une barre de fer chauffée à blanc ou plonger la main dans l'huile chaude ou eau bouillante pour y retirer un caillou ou un anneau béni. Quelques jours après, on enlevait les pansements et on regardait l'évolution de la plaie, si la brûlure était bien cicatrisée, le suspect était considéré comme innocent. Dieu étant manifestement intervenu en sa faveur!

Depuis longtemps disparues, ces pratiques juridiques se sont transmises jusqu'à nous, à travers des expressions comme "mettre la main dans le feu".

Texte tiré du livre Prodige de la main de Giovani Calabrese


Par ailleurs, je sais que l'ordalie par l'eau glacée a souvent été infligée aux sorcières; si l'accusée coulait au fond, elle était innocente, si son corps flottait, la culpabilité était démontrée. Dans les deux cas une mort quasi certaine. La plupart des femmes accusées de sorcellerie étaient des femmes âgées, frêles, voire squelettiques et ... elles flottaient...

Que de cruautés faites au nom de Dieu! J'ai de la peine pour toutes ces femmes sorcières si douées, si généreuses, si aidantes... et si honteusement traitées.

mercredi 15 septembre 2010

Glenn Gould


Glenn Gould 1932-1982

Je lis Prodige de la main de Giovani Calabrese

Ce livre est fort beau. Hellen Keller dira de Mark Twain : " Je perçois le clignement de son oeil dans l'étreinte de sa main." Calabrese dira que la main humaine est la projection de l'âme et de l'esprit. Avec la main, la conscience est née.

Mais surtout, cet auteur nous raconte Glenn Gould à travers sa fixation sur ses mains.

L'image de Glenn Gould assis sur sa fameuse chaise bancale, le forçant à une inclination des coudes et des épaules qui va jusqu'à briser la ligne du cou, est la plus connue. Les photos prises alors qu'il avait 24 ans, nous permettent de voir la transformation de la posture à travers le temps. Cette position préférée qui le contraignait à des soins de psychothérapie constants favorisait selon lui, une certaine netteté dans l'attaque et permettait plus de puissance dans le développement de l'oeuvre. Gould n'a jamais cessé de rechercher une touche parfaite. Il est resté lié toute sa vie pour ainsi dire physiquement, à son clavier. Le jeu de Gould le montre souvent, emporté intérieurement par un ravissement qui le mène dans un espace séparé, coupé des contingences du monde et dans cet espace, ses mains transformées, ses bras et ses épaules deviennent l'expression de cet émerveillement. Le regard est tourné vers l'intérieur, ses yeux sont fermés et la fusion avec l'instrument est absolue. L'instrument n'est au bout du compte que l'extension de ses mains. Dans son corps transporté, nous avons accès à notre propre ravissement, nous savons que l'émotion de la musique traverse les corps.

L'histoire du soin que Glenn Gould portait à ses mains, sa crainte du froid autant que son appréhension de tout contact physique, son conflit avec le technicien de la compagnie Steinway qui lui avait donné une tape amicale sur l'épaule et dont il prétendit qu'il avait ruiné sa capacité de jouer pour toujours, tous ces éléments vont bien au-delà de l'anecdote. Ils nous donnent accès à d'autre chose: derrière le ravissement, il y a l'angoisse de perdre, la détresse du manque.

Très tôt dans sa vie, le pianiste avait pris conscience de son génie, il avait une incroyable faculté mémorielle et il avait dû s'habituer à vivre une vie d'exception faite de solitude et de phobies de toute nature. Pour le génie, les mains sont à la fois le dépôt de la mémoire et la connexion naturelle avec la musique du clavier. Gould commença à souffrir de tensions et de douleurs dans les bras et les épaules et devenir un consommateur chronique de médicaments de toutes sortes. Il apprit à souffrir de toutes les blessures, de toutes les pertes qui touchent ceux pour qui l'art repose sur leur propre corps. Glend Gould est mort à 50 ans. Les dernières images nous montrent le corps d'un adolescent prématurément vieilli. Mais ses mains sont intactes. Toute sa vie, il les avait protégées de tout contact autre que la musique. Il aurait souffert d'une forme d'autisme appelée Asperger. C'est l'un des plus grands pianistes du XXe siècle.



Le sourire de Jeannie



"Je suis assise dehors avec un livre et Jeannie dort dans son carosse. Je la regarde tout le temps. Tout à coup, elle ouvre les yeux et me reconnait. Elle m'a déclanché un foudroyant sourire qui m'a bouleversée. J'étais totalement émue. Une montée d'amour irristible m'a envahie. Elle n'a que cinq mois et elle a déjà une main mise sur mon coeur." (texte ancien)

Elle a trois ans maintenant. Sans cesse, elle demande à sa mère d'aller voir Mamigi dans sa maison, même quand je suis chez elle !!!

Je crois que j'ai un petit creux, je m'ennuie de Jeannie.

lundi 13 septembre 2010

Bonne fête Mimi!


Mimi et Dominicke


Mimi et la Julia

ma filleule

Demain, ma soeur Mimi aura 55 ans. Quand elle est née, mes parents m'ont choisie pour devenir sa marraine. J'avais 15 ans. J'ai aimé d'amour cette soeur-filleule. Elle me suivait partout. J'étais comme une deuxième mère pour elle. Elle a sans le savoir fait naître en moi un amour extraordinaire pour les enfants. Ce qui m'a conduit à choisir l'enseignement comme première profession.

Quand Mimi a eu 15 ans, j'ai mis au monde deux petites filles identiques. Elle est devenue marraine d'une des jumelles, celle qu'on appelle encore de son petit nom d'amour, "Manou". Et à son tour , Mimi a vécu une belle histoire d'amour avec ma fille. Je peux quasiment dire avec tous mes enfants! Ils ont été aimés d'une façon extraordinaire par cette femme tendre, enjouée et dynamique.

Elle vient de passer une fin de semaine avec les trois filles de Manou pour donner un petit répit à sa filleule. Elle est encore là, présente, aimante, imprégnant nos coeurs et nos vies de sa tendresse et de sa fidélité.

Mon coeur est plein de reconnaissance pour toi ma Mimi; tu m'as fait tant de bien et donné tant de plaisir tout au long de ma vie. Je t'aime éternellement!

Bon anniversaire, ma chère Mimi!

jeudi 9 septembre 2010

Henri IV, roi de France


Henri IV, 1553/1610

Henri de Navarre a été baptisé dans la foi catholique et élevé en France. Lors de l'avènement de la Réforme, le royaume de Navarre a basculé dans le protestantisme. En dépit de tous ces déchirements, les liens de sang royal et les réseaux d'allégeance subsisteront. Les controverses théologiques ne passionnent guère Henri. Catherine de Médicis, pour le garder à l'oeil, lui offre sa fille en mariage, la célèbre Margot. Il acceptera de se convertir pour la quatrième fois. Tous les nobles protestants sont invités au Louvre. La Cour célèbre non seulement l'union du roi de Navarre et de Marguerite de Valois, mais la réconciliation entre huguenots et catholiques. Mais voilà que le drame arrive. Ce sera une noce de sang!

L'Amiral Coligny, revenant à pied du Louvre, est victime d'un attentat manqué. L'assassin est un papiste fanatique. L'indignation du roi Charles IX ne suffit pas à calmer la fureur des nobles protestants qui crient vengeance et craignent pour la vie d'Henri. Partout, des rumeurs de complots circulent. La famille royale craint les pires représailles. La veille de la St-Barthélémy, le roi Charles IX, tient conseil. Il décide de frapper le premier. Par un acte de justice expéditive, il éliminera les chefs du parti protestant, n'épargnant que les deux princes de sang, Navarre et Condé. L'Amiral Coligny, tiré de son lit est achevé et défenestré. Les nobles protestants, invités du Louvre, au coeur du plus sordide guêt-apens, seront chassés et tués. Les Parisiens alertés par le tumulte, croyant à un coup de force huguenot, font sonner le tocsin et commencent à massacrer hommes, femmes, enfants. On pille les maisons des hérétiques. Certains catholiques soupçonnés de tiédeur, sont aussi égorgés de même que beaucoup d'étrangers. La populace, enivrée par l'odeur du sang, emportée par une furie purificatrice, poursuivra sa sinistre besogne durant plusieurs jours encore. 30 000 personnes seront assassinées. Et la folie meurtrière se répandra à travers toute la France, alimentée par le clergé catholique; le roi a perdu le contrôle. Henri de Navarre s'enfuit. Margot le rejoindra avec sa cour, scandalisant les huguenots par ses moeurs débridées.

Charles meurt de tuberculose, son frère devient roi, Henri III . Côte à côte, Navarre et Henri III luttent contre "la Ligue", faites de catholiques fanatiques dirigés par Henri de Guise, qui sert secrètement les intérêts du roi d'Espagne. Le Ier août, le roi accepte de recevoir un jeune moine. À peine entré dans le cabinet du roi, Jacques Clément brandit un poignard et transperce le ventre du roi. Le roi va mourir, Navarre, les larmes aux yeux est à son chevet. Surmontant ses souffrances, le roi ordonne à tous les gentilshommes de sa Cour de prêter serment à son beau-frère. Il l'adoube devant eux. Il le désigne comme son successeur. Henri, un huguenot, roi d'une France catholique !!! Nostradamus l'avait prédit!

Henri IV abjure la religion réformée et promet de vivre et mourir en catholique. À Chartres, il est sacré roi de France. Pour les protestants, Henri est un traite et un apostat; pour les catholiques, un converti douteux. Devenu roi, Henri fait appliquer l'Édit de Nantes, édit de pacification qui visait à mettre fin à une sanglante guerre civile, il fait la paix avec le roi d'Espagne, il obtient l'annulation de son mariage avec Margot et épouse Marie de Médicis qui lui donne un dauphin, le futur Louis XIII. Courageux, séducteur, bon vivant, pacificateur, il deviendra un des emblèmes les plus populaires de l'identité française, son assassinat déboucha sur la sacralisation de la personne du roi. Il sera assassiné par Ravaillac de deux coups de couteau. "L'ampleur des haines que sa politique de réconciliation aura soulevé contre lui, était telle que son assassin peut être considéré comme l'instrument inconscient d'un immense VOULOIR COLLECTIF" (Roland Moustier).

Je suis allée à Québec récemment, et j'ai été interpelée par le fait qu'au Québec, nous ayions nommé un boulevard, Henri IV.... Nous étions la Nouvelle-France!

mercredi 8 septembre 2010

Henri, prince de Navarre


Henri IV, roi de France et de Navarre

Partout en Europe, on célèbre les 400 ans de la mort du roi Henri IV. Ce roi m'intéresse d'une façon toute particulière parce qu'il est au coeur des guerres de religions qui ont embrasé la France. Le "Bon roi Henri" ! Un mythe qui a la vie dure... aujourd'hui encore, il passe pour un des meilleurs souverains. La vérité est tout autre, Philippe Delorme à l'aide de chroniques et archives dévoilent le vrai visage de Henri lV. Détesté avant sa mort, c'est le coup de poignard de Ravaillac qui le fait entrer dans l'éternité de la légende.

En 1560, c'est le début des guerres de religion. La Réforme protestante initiée par Luther puis par Calvin à Genève, remet en cause l'unité spirituelle du royaume. Les partisans déclarés de la Réforme sont appelés les Huguenots. Le père d'Henri IV, Antoine 1er, roi de Navarre, apparaît comme le chef naturel des Huguenots et sa mère Jeanne d'Albret abjure publiquement le catholicisme. Les passions religieuses divisent la capitale. Un fossé de sang s'est creusé entre les deux communautés qui vont se signaler dans les mêmes atrocités et une semblable intolérance. Le Concile de Trente prône une fermeté accrue face à l'hérésie.

En 1563, Catherine de Médicis met un point final à la première guerre des religions. La liberté du culte est accordée mais les Huguenots sont exclus des emplois publics. Henri est élevé à la cour des rois de France en promiscuité presque constante avec ses cousins. La reine-mère, à la majorité de son fils Charles IX, entreprend avec sa cour, un vaste périple à travers toute la France pour présenter le jeune roi à ses peuples. Le prince de Navarre l'accompagne. Il apprend à aimer ce royaume qui sera, un jour, le sien. La reine consulte un prophète renommé Nostradamus qui lui dit: "Et si Dieu vous fait vivre jusque là, vous aurez pour maître un roi de France et de Navarre". Ce qui semblait incroyable est arrivé!

Jeanne D'Albret décide de soustraire son fils au climat de licence qui règne à la cour de France, elle quitte la France amenant son fils avec elle, ce qui prend l'allure d'une fuite, voire d'un enlèvement. Henri est fêté avec transport par ses sujets protestants. Jeanne, dans son royaume de Navarre dépouille les catholiques de leurs biens. Elle donne à Henri le titre de généralissime des troupes protestantes. En 1568, le pape Pie V appelle les Catholiques à la croisade contre les hérétiques protestants. La reine Élisabeth 1ère d'Angleterre soutient activement le camp des Réformés. Henri, devant la Cavalerie et l'infanterie prête serment sur son âme, honneur et vie de n'abandonner jamais la Cause. Le futur Henri IV connaîtra plusieurs abjurations successives.

Suite, Henri IV , roi de Navarre....

jeudi 2 septembre 2010

Le retour

Après 23 jours d'hospitalisation, et un désir de vivre résolument combatif, Guy est revenu à la maison.  Du roi Salomon, on a dit: "Cet homme-là, il faudra qu'on l'arrache avec ses racines..." (Romain Gary, dans L'angoisse du roi Salomon) . Guy est de cette trempe!

Et, arbre chancelant, il  soigne ses racines blessées...