lundi 29 janvier 2018

Un livre qui m'enchante: Cantique de l'acacia



Kossi Efoui, un visage inspirant...

Je commence à peine ce livre et déjà je laisse mon désir grandir de vous partager une page qui m'a troublée, chapitre 4, page 25.

La crête de l'île aux acacias avait les nuances d'un bleu chauffé à blanc. Les feuilles d'arbres tombées dans la nuit s'écoulaient maintenant avec la levée tranquille du vent.

Grace dit: Repose-toi Joyce, n'oublie pas de te regarder. Regarde-toi Joyce, tu es revenue. N'oublie pas de t'appeler par ton nom.

Et Joyce gardait les yeux baissés sur l'oiseau aux ailes déployées dessiné dans le sable par la coulée blanche de farine et d'eau mêlée que Grace répandait par terre, sans se baisser, buste droit et bras levé, dirigeant le tracé depuis cette hauteur et prononçant:

Ceux à qui ta présence inspire l'amour
Que mille oiseaux blancs les saluent
En ton nom.

Dans la même position, elle versa à présent la mousse frétillante du vin de palme et chantonnait:                      

Ceux à qui ta présence inspire la haine
Que l'ivresse de l'alcool les emporte dans la joie
Et qu'ils oublient de prononcer ton nom.

Une bénédiction émouvante de beauté et une malédiction faite de bienveillance!

Grace, devineresse, enchanteresse et guérisseuse avait été visitée par une vision prometteuse. Et... la petite Joyce leur était arrivée, inanimée, sur un radeau flottant.
Grace disait: Il faut se mettre à trois pour faire un enfant. Le mâle, la femelle et l'invisible. Joyce, l'enfant de la promesse, avait eu besoin de deux mères.

Cette histoire se passe sur la terre africaine. Et le rituel initiatique de la grand-mère et de l'adolescente nues et huilées, face à face, qui répètent des formules  glorifiant le pouvoir de la femme m'a  fascinée.

J'aime déjà ce livre, j'aime cette sorte de bonheur déjà en moi et devant moi. Ce livre est coté 4 étoiles par Le Devoir.

Placide Gaboury parle d'Art


Placide Gaboury, philosophe, professeur, écrivain, peintre et pianiste professionnel (1928-2012)

''L'art pour moi est une création humaine qui m'émeut. Elle peut en émouvoir d'autre que moi sans que je l'éprouve ou l'estime - c'est encore de l'art. Mais quand elle me touche, moi, j'appelle ça de la Beauté! L'art doit me toucher comme une chanson de Piaf (C'est l'amour qui fait qu'on s'aime) ou Brel (Entre Bruges et Gand). Le grand art pour moi est celui qui bouleverse.


C'est quand j'ai été  touché par de la beauté que je fais une aquarelle et l'émotion passe par le pinceau,  purifiée. Si quelqu'un observe la peinture et que son sentiment est éveillé à son tour, c'est un miroir, une communication, un acte d'amour. J'exprime ce qui est en moi, je ne sais pas si cela fait de moi un bon peintre. Mais ça fait un peintre sincère. L'art est totalement subjectif, mais dans notre rencontre avec la vie, les choses et la beauté, c'est notre coeur, notre être entier qui réagit, d'une réaction unique. 

Ce n'est pas parce que c'est du Picasso que ça me touche. Je lui accorde du génie mais je trouve que c'est aussi un manipulateur, un exhibitionniste qui croyait que tout ce qui l'habitait  valait de paraître sur toile ou autrement. Beaucoup de ses toiles me laissent complètement froid. J'aime ses dessins classiques, ses périodes bleue et rose mais à part ça, je n'aime pas Picasso. Je le trouve violent.

Ce que je disais de Picasso je le dirais également de Bach, de Mozart, de Beethoven. La forme est parfaite mais le coeur - le mien du moins n'est pas toujours là. Le compositeur qui me prend le plus c'est probablement Schubert, j'aime le concerto de Brahms pour piano, les sonates et concertos de Bach, la sonate pour deux pianos de Mozart, les concertos et symphonies de Beethoven, Chopin, et certaines pièces de Debussy comme En bateau et Clair de lune.

Quand une oeuvre nous touche, elle peut créer en nous ordre, harmonie et beauté.

jeudi 18 janvier 2018

Ne cherche pas et tu trouveras

 


 La puissance du non-agir


Ne pas attendre que quelque chose arrive du dehors. Le commencement est en soi. Le bonheur dépend de nous, de notre regard porté sur le monde. Ne cherche pas et tu trouveras. la phrase est paradoxale. L'agir du non-agir met en état de recevoir, il met en place les conditions pour que ''quelque chose se passe". Il est réceptivité. Dans la concentration ici maintenant, les obstacles s'effondre d'eux-même parce que la conscience ne les entretient pas.

Le non-agir ne signifie pas qu'il ne faut rien faire, mais qu'il faut se rendre disponible, attentif, ouvert, dans l'évanouissement des barrières mentales; il permet de clarifier l'esprit pour le rendre réceptif. Alors quelque chose se produit. Quand les nuages s'écartent, le soleil n'est pas cherché, il se montre. La vie s'accomplit d'elle-même dans l'évidence la plus absolue. Le non-agir est l'art de vivre. Il s'agit donc de revenir à l'instant où notre corps agit avec justesse, en suivant le chemin le plus naturel possible.

Se concentrer sur l'acte quotidien

"Quand vous vous asseyez, asseyez-vous; quand vous marchez, marchez, surtout n'hésitez pas." (Ummon Bunen). L'acte est presque toujours accompagné par une pensée, un souvenir, une image, un jugement. L'action ainsi est parasitée, la conscience n'est pas totalement investie. L'absence d'hésitation dans l'acte est un engagement plein. Tout cela est ordinaire et c'est pourquoi c'est une révolution. Tout acte de la vie devient alors spontané, naturel. L'épanouissement parfait, c'est faire ce qu'il faut, quand il le faut, avec juste ce qu'il faut.

J'apprends avec ferveur !

Le quotidien est essentiel



Denis Faïk est docteur en philosophie, maître de  conférences au département Arts et Culture de l'Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace à Toulouse. Il est professeur diplômé de yoga de  l'Institut français du yoga.


Je lis Ne cherche pas et tu trouveras de Denis Faïk

La vigilance est l'acuité d'une conscience engagée dans chaque détail de l'existence, les gestes, les mots, les actions, quelle que soit la valeur qu'on leur accorde a priori. Aucun mouvement de la vie quotidienne ne mérite plus d'attention qu'un autre. La vigilance les accompagne tous parce que tout est essentiel. Les choses que nous faisons chaque jour sont autant d'occasion de nous centrer dans le présent, qu' il s'agisse de servir son café, ouvrir son journal, mettre la table, se laver les mains, etc... Pour ce dernier acte, notre attention peut ainsi se porter sur le toucher du savon, le contact avec les mains, la manière de frotter, les mains qui tournent, l'eau, puis la façon de les essuyer, le contact de la serviette, etc. Il convient de concentrer son esprit sur chaque détail qui se déroule dans l'instant.

Cette concentration sur le bouquet infini des choses à chaque seconde permet de freiner et d'annihiler les agitations du mental. La présence totale dans les mouvements de la vie prend ''toute la place'', si bien que nos désirs, nos craintes et autres effervescences émotionnelles (stress, pression) ne peuvent agiter notre esprit. Notre conscience demeure alors en elle même, ici et maintenant, dans la réalisation. Si toute mon attention est dans l'acte de me laver les mains, pour revenir à l'exemple précédent, alors mon mental n'a plus de place pour accueillir autre chose. Je me lave les mains, c'est tout. Je ''m'immobilise'', je prends conscience du souffle, de mes sens qui perçoivent les sons, les parfums, dans une simple et juste réception de l'environnement et de moi-même, sans profit, sans but.

Dans cette concentration, il y a une mise à l'écart des résultats, de la récompense, de ces choses qui flattent l'égo.  Libéré de toute pensée qui porte ailleurs, le geste n'est plus alors vécu que comme émerveillement, accomplissement. C'est ainsi qu'il y a lâcher-prise, qui est un acte sans attachement à l'échec ou à la réussite.

''On s'exercera donc à vivre au jour le jour, sans soucis du lendemain, puis à vivre l'heure présente, puis la minute et la seconde même, pour essayer dans une vigilance aiguë et calme d'atteindre le point critique où le présent ne s'échappe plus.'' J. Papin

Il n'est pas question d'être aveugle aux conséquences néfastes d'une action. Il s'agit d'occuper tout l'espace mental par le geste, aussi bien balayer, manger, ou se promener. Il y a dans l'action, une neutralité psychologique, l'esprit n'étant qu'à ce qu'il fait, aucun contenu mental construit ne parasite l'esprit.

Ça me parle tellement, j'y travaille beaucoup. Je persévère!

lundi 15 janvier 2018

On l'avait baptisé l'évangile de Thomas...


On l'avait baptisé l'Évangile de Thomas mais ce n'était pas  l'oeuvre du disciple Thomas. ''Voici les paroles que Jésus le Vivant a dites et que Judas le Didyme a écrites.''

Le mot didyme venait de didymos, qui signifiait jumeau. Cet indice trahissait l'origine du document, car didymos n'apparaissait qu'à un seul endroit dans la bible: dans l'évangile selon saint Jean, composé en Syrie à la fin fin du 1er siècle. C'est d'ailleurs en Syrie que s'est propagée la croyance selon laquelle Thomas aurait été le jumeau de Jésus. Qui mieux que le jumeau de Jésus pouvait rapporter les paroles de Jésus? Bien sûr, c'était de la frime, on n'était pas à un mensonge près.

Au moins 1500 ans séparait le lecteur de 1980 du scribe qui avait copié ce texte. Et 2000 ans le séparait de la personne qui l'avait composé. Ce qui avait permis la survie de l'évangile de Thomas, c'était les années qu'il avait passées à l'abri dans la jarre en terre cuite. Sa mise à l'index, ironiquement, avait évité sa destruction.

''Celui qui découvrira l'interprétation de ces paroles ne goûtera pas à la mort.'' L'évangile de Thomas avait surpris les chercheurs. Ce n'était pas un évangile ordinaire, il ne racontait aucune histoire, Jésus n'y mourait pas pour racheter les péchés du monde, il ne se relevait pas non plus d'entre les morts. Il s'agissait plutôt d'une liste de paroles qu'il aurait prononcées. Elles apparaissaient des fois seules, tantôt incorporées dans un dialogue. Il y en avait 114. Le milieu universitaire appelait ces paroles des logia - au singulier des logio - parce qu'on les disait ''isolables'', ne dépendant d'aucun contexte. On était persuadé qu'elle venait d'une traduction orale très ancienne.  Des chercheurs audacieux allaient jusqu'à affirmer que le contenu remontait à Jésus lui-même. 

Les logia étaient trop cohérents entre eux pour avoir été inventés par les disciples. Certains étaient si hermétiques qu'il semblait impossible d'en tirer un jour une compréhension. Jésus dit: '' Que celui qui cherche ne cesse de chercher jusqu'à ce qu'il trouve. Quand il aura trouvé, il sera troublé. Quand il sera troublé, il s'émerveillera et régnera sur tout.'' Chose certaine, les auteurs des évangiles selon Marc, Mathieu, Luc et Jean avaient repris 70% de l'évangile de Thomas, la plupart du temps à en simplifiant le contenu.

Je lis La mémoire du temps de Mylène Gilbert-Dumas


Les textes anciens, sacrés, gnostiques


 Réflexion sur notre rapport à la foi et à la vérité historique

Malgré le mystère qui entoure la gnose, (connaissance initiatique et ésotérique) les historiens s'entendent sur une chose: les gnostiques avaient écrit des textes qu'ils avaient avaient ensuite copiés et reliés sous forme de livres qu'on appelait codex. Treize de ces livres ont été retrouvés en 1945 dans une jarre cachée au fond d'une cavité rocheuse près du village égyptien de Nag Hammadi. Quelqu'un au IVe siècle, les avaient enfouis à cet endroit pour éviter leur destruction.

Au fil des siècles, les chercheurs avaient retrouvé 5700 manuscrits en grec contenant des extraits du Nouveau Testament.  Parmi ces 5700 documents parvenus jusqu'au XXe siècle, aucun n'était un texte original. Tous sans exception étaient au minimum des copies de copies de copies. 

Pour ajouter à la difficulté, il était bien établi que le copiste - tant ceux du début de la chrétienté que ceux du Moyen Âge - avait fait des erreurs. En comparant  les manuscrits anciens, on trouvait toutes sortes de variations aussi intéressantes que loufoques. Des mots sautés, des lettres doublées, parfois des lignes entières de sautées. Transcrire un texte où on ne trouvait ni séparations entre les mots ni signes de ponctuation pouvait s'avérer ardu. Et c'était de cette manière qu'on été écrit les textes du Nouveau Testament. Il y avait aussi tous ces mots mal recopiés, causant une confusion qu'un copiste ultérieur essayait d'arranger en modifiant le texte. Cela entraînait la plupart du temps d'autres erreurs, qu'un autre copiste tentait de corriger à son tour. Et ainsi de suite.

Devant ces presque 2000 ans de possibilités de falsification, on comprenait pourquoi les chercheurs ne croyaient pas à la Bible littéralement. Il fallait toujours douter parce que trop de gens avaient leur mot à dire dans l'histoire du christianisme.

La date de la naissance de Jésus ne se retrouve pas dans la Bible. Elle a été déterminée beaucoup plus tard, au moment de l'expansion du christianisme. Les païens célébraient le solstice d'hiver le 25 décembre parce qu'ils considéraient que c'était le jour de naissance du Soleil. - Noël étant un dérivé du mot latin natalis qui signifiait naissance -. Il avait suffit d'associer la venue du Christ au retour de la lumière pour christianiser l'événement.

Le % d'alphabétisation en Palestine au début du premier millénaire était moins de 5%.  Les disciples de Jésus étaient ces paysans  peu éduqués,  pour plusieurs des pêcheurs de Galilée. Ils ne savaient ni lire ni écrire. Ils n'ont pas pu écrire les  évangiles qu'on leur a attribués. On ne sait pas qui sont les auteurs des évangiles. On sait que Paul a écrit quelques unes de ses lettres mais pas toutes. Ces lettres comme les évangiles d'ailleurs, ont été écrites pour être lues à haute voix parce que les premiers adeptes du christianisme étaient des gens de classes raciales inférieures, tout aussi illettrés que les disciples.


Je lis Mémoire du temps de Mylène Gilbert-Dumas

Le doute, si incompatible avec la foi.  Intéressant!




dimanche 14 janvier 2018

Nikola Tesla, le plus génial après Léonard de Vinci

Tesla, un scientifique humaniste

En 1931, à l'occasion de son 75e anniversaire, Tesla fit la une du magasine Time. L'un des derniers rêves de Tesla était d'éclairer l'atmosphère terrestre, la nuit. L'Éclairage de l'océan. Il souhaitait aider les navigateurs, afin que des désastres comme celui du Titanic ne se reproduisent plus.

Tesla fut fasciné par les concepts fondamentaux de l'autre grande théorie, la relativité de Einstein, la mécanique quantique. Il travaillait à un projet relatif à une ''barrière de lumière'' en mesure d'altérer à volonté le temps, l'espace, la gravité et même la matière. Ses recherches ont alimenté les légendes circulant sur son compte et relevant de la science-fiction: rendre possible l'antigravité, le télétransport, les voyages dans le temps et l'invisibilité. Certains en arrivent à dire que Tesla était lui-même un extraterrestre que ses parents avaient adopté en Yougoslavie. Au cours des vingt dernières années de sa vie, le monde industriel et universitaire tentèrent d'effacer Nikola Tesla de la littérature scientifique et furent à l'origine de sa condition de quasi exilé.

Tesla mourut dans la solitude d'une attaque cardiaque, en janvier 1943. Il atteignit le summum de la pauvreté et mourut sans être parvenu à rembourser toutes ses dettes. Un peu avant sa mort, il avait travaillé à une arme capable d'abattre 10 000 avions. Il voulait construire une espèce de muraille de Chine autour du pays pour arrêter tout attaquant, pour empêcher toute guerre. C'est pourquoi il  définit son invention comme un ''rayon de la paix'' mais qu'on appela aussitôt le ''rayon de la mort''. On affirma même que Tesla en personne était l'auteur de la terrible explosion qui secoua la région de Tunguska, en Sibérie.

Tesla fut retrouvé mort trois jours après qu'il eut contacté le Département de guerre. Tous ses projets furent confisqués et déclarés top secret. La famille de Tesla et l'ambassade de Yougoslavie luttèrent pour ravoir les biens de Tesla. Son neveu parvint à rentrer en possession de ses effets personnels, qui se trouvent au Musée Nikola Tesla à Belgrade, où sont abrités environ 150 000 documents qui témoignent de la créativité créatrice de ce scientifique et inventeur. Il fut admiré par les plus grands, Einstein et Niels Bohr. Il est maintenant considéré comme le personnage le plus génial de toute l'histoire de l'humanité après Léonard de Vinci.

''La science n'est qu'une perversion si son but n'est pas d'améliorer la condition humaine'' Parole de Tesla devenue célèbre.