lundi 17 mars 2014

Blaise Cendrars décide qu'il sera poète et poète français



Blaise Cendrars (1887-1961), écrivain français d'origine suisse

En 1910, Blaise Cendrars se rend à Bruxelles où il espère "se reconstruire" et trouver son style. Nuit et jour, il se plonge dans un gros dictionnaire français, désespérant de conquérir cette langue qu'il a choisi d'écrire. Une vieille tante meurt en lui laissant un petit héritage; il se rend à Paris parce que c'est là, la vraie place d'un poète. Mais il dilapide son argent, se bagarre, suit les filles dans les ruelles obscures. Une vie de désordre et de liberté.  Paris ne tient pas ses promesses, tourmentée par la misère, sa femme Fela décide de partir pour New-York enseigner le français. Lui, prend le train pour St-Pétersbourg. Il communie avec la mélancolie du paysage russe. Il se baigne à la rivière à l'heure où les chevreuils vont boire. Il se fabrique de l'encre à base de plantes. Il est seul. Féla l'invite à New-York, le Nouveau Monde l'attire. Il accepte. Il a peur de Fela et de son amour, il a peur de ne pas assez l'aimer. Il erre dans le dédale des rues sans fin, "le dos voûté, le ventre creux, le coeur ridé". Il s'attriste de la détresse des prostituées, "polluées par les hommes, et des migrants cherchant leur pitance dans le froid et la pluie". Il n'aime pas New-York.

La nuit de Pâques 1912, il vagabonde... Dans une église, on joue La Création de Haydn, il entre, il écoute. À son retour, il se met à écrire, sans hésiter. Au petit matin, il se relit, il n'a pas trois ratures. Quelque chose eut lieu qui engendra un livre et un nom. Un livre Les Pâques de New-York et un nom nouveau: Blaise Cendrars. La braise, l'art et les cendres, l'autodafé, la renaissance. "Je suis l'autre" écrit-il. 

C'est le retour en France. Le nom de Cendrars se répand. Fela revient et lui donne un fils Odilon. C'est une année féconde, pleine de promesses. Soudain, la guerre éclate. La France décrète la mobilisation générale. Cendrars croit encore en la responsabilité morale de la guerre. Il s'enrôle sous son nom de naissance comme volontaire étranger dans l'Armée française. Il sera le Caporal Frédéric Sauser. L'enfer est à sa porte.... (à suivre)


Je lis Album Cendrars commenté par Laurence Campa

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