vendredi 7 mars 2014

Le rapport à l'Absolu est inscrit dans notre psychisme....


Raynald Valois est un professeur retraité de la Faculté de philosophie de l'Université Laval, P.Québec

Au Québec comme dans de nombreux pays d'Europe, il ne reste plus que des temples presque vides, que nous continuons d'entretenir avec le zèle des historiens, des archéologues et des conservateurs de musées. Il y a dans cette ferveur de collectionneurs, la crainte de voir disparaître dans la débâcle des trésors irrécupérables, un peu comme des espèces en voie de disparition. Et ce n'est pas sans raison.

Nous sommes en grand nombre devenus libres penseurs. Malgré toute l'insécurité qui en découle, nous sommes peut-être en train de vivre un passage dangereux qui est sur le point de nous propulser vers un renouveau spirituel encore insoupçonné. La pratique religieuse traditionnelle cède de plus en plus la place à un culte intérieur, comme si l'on comprenait maintenant que la vraie religion est celle du coeur et "que la lettre tue" tandis que "'esprit vivifie".

Plusieurs ressentent le besoin d'entrer en relation directe avec Dieu; ils sont de moins en moins sensibles aux rites et croyances collectives des générations précédentes. Une telle attitude s'harmonise naturellement avec le message de Jésus: "J'ai beaucoup de choses à vous dire mais vous ne pouvez le porter à présent. Mais quand viendra l'Esprit de vérité, il vous introduira vers la vérité tout entière."

Il s'agit donc d'une révélation d'un nouveau type. Or, ce qui se produit dans le coeur d'un individu lui appartient comme d'un bien propre et aucune autorité ne peut prétendre en assumer la gérance. Quand on a vraiment compris une vérité, parce qu'une intuition l'a rendue manifeste, on n'a plus besoin de la recevoir du dehors, on n'a plus besoin de croire, on sait: la foi personnelle remplace la croyance. Certaines vérités sacrées, autrefois cautionnées par l'Église, sont devenues la propriété de la conscience individuelle, sans perdre leur caractère sacré. Le rapport à l'Absolu est inscrit dans notre psychisme de façon aussi déterminant qu'un instinct.

Je lis Un Dieu sans nom  de Raynald Valois

1 commentaire:

Colibri a dit…

Ça m'interpelle ce livre, cette pensée. Merci de nous la partager, mon amie!